Dépression
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Dépression et méthodes DSS 

Notes préalables sur la dépression (synthèse), par Bernard (01/2006 - 02/2010)
Fondements scientifiques
Article QdM : dépressions et troubles bipolaires
Le spectre bipolaire dans la dépression endogène
Troubles bipolaires : extraits nouveau forum 2009
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Notes préalables de Bernard sur la dépression
     (synthèse... dernière mise à jour le 14/02/2010)

Qu'est-ce que la dépression ? Comment s'en sortir ?

1) une définition de la dépression

Altération de l’humeur (fatigue physique et psychique, perte de volonté (1), d'élan vital ),
baisse du tonus psychique, état durable de lassitude (présence d'idées négatives) voire de profonde tristesse et d’abattement.

En fait, le diagnostic d'épisode dépressif repose sur un faisceau d'arguments cliniques en rupture avec l'état antérieur (dévalorisation de soi, culpabilité, ralentissement psychomoteur, anxiété, amaigrissement, troubles du sommeil,...), et sur le retentissement fonctionnel, notamment social.

La dépression est vue, de nos jours, comme résultant de l'interaction d'un ensemble de facteurs, de causes biologiques, psychologiques (cognitifs, émotifs et comportementaux) et sociales, environnementales.

Autrement dit, le trouble dépressif est une maladie dont les causes sont multiples.
Les facteurs extérieurs, l'éducation, jouent un rôle important tout autant que les facteurs personnels du sujet, y compris la génétique.

La dépression est au dire des spécialistes, reliée à des changements physiques dans le cerveau, et correspond à une perturbation des connecteurs chimiques que l’on appelle les neurotransmetteurs.

2) principaux symptômes

En gros, les symptômes de la dépression (persistants) peuvent être les suivants :

- Rupture par rapport au fonctionnement antérieur ;
- modifications de l'appétit et du sommeil (insomnie ou hypersomnie presque tous les jours) ;
- déficit cognitif (difficultés de concentration et de réflexion) ;
- difficulté à prendre des décisions, à anticiper ;
- fatigue, perte d'énergie, d'élan vital ;
- agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours ;

- baisse de désirs et de libido, perte d’intérêt ou de plaisir dans beaucoup d’activités, impossibilité de se réjouir ;
- doute, incertitude, sentiment de vide, d’inutilité ;
- émotions positives "engourdies" (anhédonie) ;
- idées négatives (perception négative de tout ce qui arrive) ; vision pessimiste du monde et de soi-même ;
- sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée ;
- baisse de l’estime de soi, passivité ou irascibilité ;
- inhibition ou irritabilité, difficulté à agir (agitation ou ralentissement dans la vie quotidienne constaté par les autres) ;
- états d'anxiété, découragements, tendance à la culpabilité injustifiée ;
- symptômes émotionnels (hyperémotivité, ou au contraire, émoussement des émotions) ;

- humeurs changeantes (jusqu’à une profonde tristesse, voire pensées de mort récurrentes, idées suicidaires) ;
- humeur dépressive pratiquement toute la journée, avec un état d'âme plus mauvais le matin que le soir ;
- souffrances physiques (somatisations, ex: maux de tête) ;
- perte ou gain de poids significatifs en l'absence de régime ;
- etc.
 

3) durée et intensité des symptômes 

Suivant la durée et l’intensité de ces symptômes, et donc leur répercussion sur les actes quotidiens, distinguer :

Dépression légère (déprime) :
Fatigue et désintérêt pour entreprendre des choses nouvelles, irascibilité parfois, tendance à s’isoler et à s’intéresser beaucoup moins à ce qui touche ses proches et le monde extérieur social. Découragement, baisse de moral en un mot déprime. On se plaint d’être débordé.

Simple coup de blues ? Peut-être... mais lorsque ces symptômes persistent durant des semaines ou des mois et empêchent un retour à une vie "normale", ils peuvent être les prémices d’une réelle dépression.

Dépression moyenne (tristesse ou vraie dépression ?) :
L'évènement déclencheur peut être une perte ( perte de l’être aimé, chômage, deuil etc…)
(3)

Les symptômes peuvent se manifester sous forme d'une perte de motivation, de passivité, de fatigue, d’insomnies, d’indifférence, de retrait sur soi excessif, ou bien au contraire d’irritabilité et d’agressivité. Il devient de plus en plus difficile de continuer à travailler. Néanmoins l’on est encore capable d’accomplir les tâches indispensables quotidiennes. 

Mais attention, le chagrin ce n'est pas la dépression.
L
orsque la tristesse est liée à un événement douloureux ou consécutive à une perte d'objet (deuil, échec, séparation, perte d'emploi) et qu'elle s'atténue spontanément avec le temps, elle ne peut être considérée comme pathologique.
La tristesse peut même nous aider à changer notre vie en mieux :
La tristesse, si elle ne se prolonge pas, permet de se mettre en retrait pour récupérer ses forces, reconsidérer la situation, réfléchir aux erreurs passées pour mieux rebondir.
La tristesse est aussi une façon de digérer une perte, d'accepter une situation douloureuse : les capacités d'adaptation du sujet permettent un réajustement affectif et un investissement dans d'autres centres d'intérêt.

Le vrai déprimé est au contraire incapable de ce réajustement.

Dépression sévère :
Etat de profonde détresse qui dure, se caractérisant par une modification importante de l'humeur, une souffrance parfois insupportable et un ralentissement des gestes de la vie courante. Toutes les activités deviennent pesantes : intense douleur morale, épuisement maximum, envie de rien, goût à rien, dégoût de soi, sidération (on a perdu toute envie de faire quoi que ce soit ou de communiquer avec les autres)
ou au contraire agitation (mais sans rien faire de constructif ), instabilité.  Risque suicidaire.

Il s’agit en général d’une dépression endogène dite "mélancolique" aux facteurs biologiques prédominants...
En effet, ces dépressions profondes, intenses, avec perte d'élan vital, etc, sont aussi qualifiées d'états ou  épisodes dépressifs caractérisés (généralement endogènes = cause physiologique/ biologique essentiellement).

Lorsqu'elles sont récurrentes, on ne parle même plus de dépression unipolaire mais de spectre bipolaire...
( voir note )

(1) le patient se reproche de ne pas avoir assez de volonté, alors que celle-ci est justement inhibée par sa maladie.

(2) Dépression masquée (surtout chez les tempéraments hyperactifs) : le patient est anxieux et irritable, et se plaint de troubles somatiques variés (ex: mots de tête ou du dos).

(3) Comprendre ou soigner ?
Certains auteurs considèrent que dans ces dépressions, les évènements déclencheurs viendraient réactiver une dépression latente qui pourrait avoir été conditionnée par des conflits intérieurs, par des facteurs d'environnement familial, des schémas anciens et inconscients de dysfonctionnements élaborés dans l'enfance (4). Possible... Il est vrai que dans un trauma, ce qui déclenche les symptômes post-traumatiques, c’est parfois un 2ème événement qui va réactiver un premier qui avait été plus ou moins refoulé...
Seulement dans cette "philosophie" d'approche et ses méthodes classiques, la psychiatrie se focalise encore trop sur le passé du patient...  sur lequel on ne peut plus agir efficacement (sauf thérapie du type EMDR).
A force de chercher le "pourquoi" des troubles avec le risque d’aggraver la dépression en remuant le passé,
on perd le réflexe de décrire le "comment" de la maladie mentale. Si l'accès au passé du patient aide le médecin à comprendre son trouble, ce n'est en général ni nécessaire ni suffisant pour le soigner :
comprendre n'est pas synonyme de soigner ; comprendre est un moyen pour soigner et jamais un objectif médical en soi, cela peut même être dangereux pour les patients bipolaires (cf. Elie Hantouche),...
vu le nombre d'échecs thérapeutiques (bipolarité souvent ignorée, AD prescrits trop rapidement, thymorégulateurs prescrits trop tardivement). D'où ce devoir de rigueur et de vigilance sur les symptômes, dans le diagnostic et dans la prescription. 
Souvent, la dépression peut résulter d’une accumulation de stress et d’anxiété ayant entraîné à la longue une décompensation, et un cercle vicieux s'installe (troubles du sommeil, rupture de l’équilibre physique et psychique)...
Ne pas oublier, non plus, les études récentes qui suggèrent que la dépression "classique" pourrait être également la manifestation de réactions inflammatoires diffuses produites par un déséquilibre nutritionnel. A cette vulnérabilité pourraient s'ajouter le manque d'exercice physique et la sédentarité, ou bien un dérèglage de notre horloge biologique, etc... (cf. DSS dans "Guérir"). En particulier les nouvelles pistes de la chronobiologie et des rythmes circadiens...

(4) Différencier dépression réactionnelle et dysthymie (disthymie) ?
La dysthymie ou "névrose dépressive" est une sorte de dépression mineure chronique
(tempérament dépressif).
Dans la dysthymie
(disthymie), on parle de tempérament car il n'y a pas vraiment rupture : les troubles pathologiques de l’humeur et la tristesse sont chroniques et présents dans la majeure partie de la journée. Les symptômes de la dysthymie peuvent être : timidité-inhibition, pessimisme, indécision, perfectionnisme, passivité, manque d’énergie, faible confiance en soi, difficulté à s'affirmer, sensibilité au rejet, susceptibilité, peur de l'échec, etc, voire dépendance sociale.
Ce trouble peut s'installer sur plusieurs années et devenir même " un mode de vie " chronique.
La dysthymie peut aussi apparaître parfois au décours d'un épisode dépressif mal guéri, ou bien c'est un problème si ancien qu'il est difficile de savoir quand il a commencé.
En effet, les symptômes (ou traits de caractère, facteurs de vulnérabilité à la dépression)
se manifestent insidieusement pendant l’enfance ou l’adolescence, souvent à l’age adulte. Au cours des années, les symptômes peuvent s’accentuer, diminuer ou disparaître.
Selon certains auteurs, ces traits seraient souvent associés au tempérament cyclothymique (avec des phases "high" atténuées). Car ce tempérament dépressif peut être associé à des épisodes dépressifs majeurs.


 

4) facteurs prédisposants et déclenchants

Modèle d’apparition de la dépression (son déterminisme est souvent multifactoriel, plurifactoriel ) :
 

Facteurs biologiques/ physiologiques

Facteurs psychologiques

déclencheurs actuels

prédispositions

déclencheurs actuels

prédispositions

. stresseurs (fatigue, sommeil et hygiène de vie déficients, anxiété chronique, surmenage voire épuisement...) =>
altération (réversible) du système limbique / cerveau émotionnel
(atrophie de l'hippocampe cérébral,  hypertrophie de l'amygdale, ... => fragilité et cercles vicieux).

. maladies ou médicaments (états dépressifs dits secondaires, dûs à certaines maladies -Parkinson,  SEP, cancers, pb thyroïdien, insuffisance cardiaque, fibromyalgie-,  médicaments -corticoïdes, opiacés, interféron, etc-,  drogues ou dépendance à l'alcool)
. possible responsabilité virale ? allergies, intoxication ? inflammations ?

. hypoglycémie réactive ?

. bouleversements hormonaux (ex: dépression post-partum)

. dysthyroïdies (hyper et hypothyroïdies) : voir TSH

. lésions cérébrales ou tumeur cérébrale

. vulnérabilité génétique ou congénitale (dépression endogène)

.
déséquilibres  nutritionnels (ex: carence en vitamines B ;
Carences en oméga-3 =>
inflammations au niveau du système limbique/ cerveau émotionnel
défaut de fluidité des membranes des neurones => réduction de plasticité cérébrale => difficultés d'adaptation).

. TCA (anorexie) ou régimes amaigrissants.

. sédentarité, défaut d'exercices physiques

. dette de sommeil (manquede sommeil accumulé) 

. altération des  rythmes  (circadiens) de l'organisme

. apnées du sommeil

. stresseur psychosocial (expériences frustrantes, surmenage,  harcèlement moral, réactivation d’un traumatisme refoulé, décompression...).

. pertes
(deuil, solitude, perte de relation, perte d'emploi, retraite, départ des enfants...);
perte de ce qui donnait sens à sa vie...

.
échecs, perte de ce qui alimentait l’estime de soi. 

. choc, sentiment d'impuissance, cambriolage, incendie,...

. rupture
, perte de
points d'appui, perte d'emploi, exclusion d'un groupe...

. schéma cognitif défavorable, antécédents familiaux ou personnels =>

. idéaux exigeants, devoir  ; pessimisme, système de croyances négatif

. ou timidité ; faible estime de soi

. troubles relationnels
, solitude, difficultés à s'affirmer, introversion,...

=> Troubles du métabolisme des neurotransmetteurs, altérations des récepteurs,
trouble de la modulation des neuropeptides => Dépression

La dépression est une maladie du cerveau (inflammation, réduction de l'hippocampe, réduction de la plasticité cérébrale) => 
Flux d'informations endommagé suite à un manque de substance de transmission (sérotonine).

 
Des prédispositions héréditaires sont souvent présentes, et on le voit, les facteurs internes ou externes, biologiques/ physiologiques ou émotionnels/ psychologiques, prédisposants ou déclencheurs, internes et environnementaux, s’entremêlent le plus souvent.

5) classification (prédominance)

On peut cependant distinguer les dépressions à prédominance endogène, exogène ou secondaire (liée au terrain) : 

- Dépression endogène = forte composante biologique comme dans les troubles maniaco-dépressifs  où la part génétique semble indiscutable (le sujet s'installe dans la dépression sans cause apparente) ;

Mélancolies = origine biologique, voire vulnérabilité génétique ou congénitale ? (prédispositions) =
épisodes dépressifs majeurs ou caractérisés, dits unipolaires mais de plus en plus assimilés aux troubles 
bipolaires/ cyclothymiques (hypomanies) ( voir note )

- Dépression exogène = facteurs environnementaux et psychologiques prédominants ; forte composante soit névrotique soit réactionnelle à des évènements traumatiques... même si une vulnérabilité endogène et/ou secondaire est souvent rencontrée :

états dépressifs dits névrotiques, schéma cognitif défavorable, avec vulnérabilité héréditaire (voir plus haut : dysthymie) (prédispositions) : les gens sont plus vulnérables à la dépression lorsque leurs besoins de base ne sont pas satisfaits et lorsqu'ils ne réussissent pas à défendre leur droit d'être traités avec respect (impuissance à vivre ce qui est de première importance pour soi ; baisse de l'estime de soi ).

* ou états dépressifs réactionnels, situationnels (déclencheurs, rupture) : perte, deuil, séparation, déception, échec, rupture ; passage de l'enfance à l'adolescence, ou de l'âge mûr à la vieillesse ; situation bloquée, conflit grave, difficulté à  s'adapter à une nouvelle situation (ex : difficultés financières et professionnelles) ; exclusion d'un groupe, isolement social ou affectif, etc... :

le patient est déprimé à l'occasion d'un événement ou d'un environnement extérieur ; cependant, du fait de prédispositions ou de  vulnérabilités, la réaction du sujet est plus douloureuse que chez une autre personne. 

La dépression fonctionne alors avec deux cercles vicieux :
Premier cercle vicieux : la fatigue. Il s'agit d'une fatigue particulière. On l'appelle "paradoxale", car contrairement aux fatigues physiques habituelles, elle se manifeste plutôt le matin, elle est désagréable, et plus on se repose, plus on est fatigué.
Second cercle vicieux : l'isolement. Un dépressif a tendance à supporter de moins en moins la compagnie et à devenir solitaire. Et évidemment, plus il est seul, plus il est déprimé.

- états dépressifs dits secondaires ou liés au terrain :

* dépression saisonnière, dérèglements des biorythmes (voir chronobiologie)
* contrecoup d’un stress prolongé, d'un surmenage (déclencheurs) (5)
  avec carences, mauvaise hygiène de vie (vulnérabilité) 

* épuisement (burn-out).
* bouleversements hormonaux chez la femme (grossesse, accouchement, ménopause),
  ex.: la dépression post-partum d'origine purement hormonale, maladie grave souvent mal
  diagnostiquée, à ne pas confondre avec le "baby blues" qui est de courte durée.

* origine toxique :
. drogues, alcool (l'alcool conduit à la dépression, pas l'inverse !), toxiques alimentaires (exposition prolongée)
. médicaments (ex : contre l'hypertension, corticoïdes, stéroïdes, somnifères, contraceptifs,
  certains
antibiotiques )

* maladies (ex : infections, hypothyroïdie, tumeurs cérébrales, maladie de Parkinson, arthrite,
  alcoolisme, hépatite, AVC
, maladies cardiaques, traumatismes physiques ...), etc.

(5) La progression du stress accumulé entraîne un état d'anxiété qui regroupe plusieurs pathologies, dont surtout :
- l’anxiété généralisée –TAG— (inquiétude constante, crainte du lendemain, avec des manifestations physiques : tension dans le corps, troubles intestinaux, mains moites, accélérations du rythme cardiaque, etc).
- les attaques d’anxiété, de panique qui sont très courantes. Elles se manifestent soudainement, alors que tout va apparemment bien chez des sujets souvent jeunes et pas forcément anxieux.
- la dépression est la dernière étape (accumulation de stress et d’anxiété entraînant un découragement du corps et de l’esprit).
On peut arriver à la dépression sans avoir été anxieux mais, dans la plupart des cas, elle se combine avec une forme d’anxiété (cf interview DSS).

6) Soins et guérison 

Quelle que soit l’origine de la dépression (endogène, exogène) et quelle que soit sa forme (découragement, irritabilité),
celle-ci reviendrait à un déséquilibre au niveau du cerveau émotionnel.
Ce déséquilibre ne se limiterait pas à un dérèglement biochimique : il a été démontré qu'il se produisait surtout des changements physiologiques, notamment l’hypertrophie de l'amygdale cérébrale et l'atrophie de l’hippocampe cérébral, responsable de l’organisation des souvenirs en particulier dans la mémoire
explicite dite déclarative (et donc pas seulement un dérèglement biochimique)*

Par conséquent, guérir profondément revient à agir directement sur les causes de la maladie, autrement dit à regénérer physiologiquement le cerveau émotionnel.

Or, même si les antidépresseurs soignent les symptômes en permettant dans certaines situations de stopper un cercle vicieux, ils ne restaurent généralement pas la plasticité neuronale.
« Les antidépresseurs sont utiles et importants puisqu’ils sont capables de directement changer l’activité du cerveau émotionnel (par un effet sur les neurotransmetteurs, en particulier augmentation du taux de sérotonine, les antidépresseurs aident l’amygdale à se calmer, ils régulent le flot des émotions négatives).
Par contre, les antidépresseurs ne sont que des béquilles dans la mesure où, lorsqu’on arrête le traitement, ils ne jouent plus ce rôle, ce qui explique les récidives fréquentes » (DSS).
Or, plus une personne a eu d’épisodes dépressifs, moins le facteur déclenchant susceptible de créer une rechute a besoin d’être important. En d’autres termes, on déprime au début à la suite de gros ennuis, puis, au fur et à mesure, le moindre souci entraîne une rechute.
En effet, chaque épisode dépressif fragilise un peu plus le cerveau émotionnel et rend la personne plus vulnérable.


Heureusement, 
tout ce qui est bon et sain pour l’organisme stimule l'autoguérison et la regénération du cerveau limbique, soit en produisant des effets positifs équivalents aux médicaments (et sans effets secondaires ni accoutumance), soit en potentialisant leurs effets.

Lien aux autres, exercice physique, yoga, méditation, correction de déficits nutritionnels, sport, luminothérapie etc :
tous ces moyens naturels, préventifs, complémentaires ou même alternatifs pour les cas moins sévères (tels que ceux préconisés par DSS dans « Guérir »),
permettent aux neurones de développer de nouvelles "branches", de créer de nouvelles connexions, autrement dit stimuler 
rééquilibrage et autoguérison du cerveau émotionnel,
restaurer la plasticité cérébrale, stimuler la neuroplasticité hippocampique en particulier

Une thérapie EMDR peut être envisagée si la dépression est consécutive à un ou des événements traumatisants, même très lointains. Ce type de traitement agira en quelques séances au plus profond de la blessure, avec beaucoup plus d’efficacité qu’une cure verbale : « ces approches qui "descendent dans le corps", étendent les acquis de la psychanalyse, jusque dans la réalité physique, là où, au final, doit avoir lieu la guérison ».

Enfin, la thérapie cognitive (méthode psychothérapeutique la mieux validée pour la dépression) peut aider non seulement à développer des pensées positives, mais aussi à modifier en profondeur les schémas cognitifs qui traitent l’information de manière pessimiste et à rétablir un équilibre entre les pensées négatives et les pensées positives.

Bref, ne pas hésiter à mettre en œuvre des moyens d'aide complémentaires...

Voir aussi http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=depression_pm

* Dépression : se secouer ? se raisonner ? (fondements scientifiques) :

En général, les efforts pour se "secouer" sont contreproductifs et ont pour résultat d’augmenter la culpabilité du dépressif. Il faut donc éviter d'exhorter un dépressif  à se dépasser et à se changer les idées : cela ne fait que renforcer chez lui son sentiment de culpabilité et d'impuissance.

Il faut comprendre que la dépression est une véritable maladie affectant physiologiquement les régions profondes du cerveau émotionnel.

Ainsi la dépression s’installe quand l'interaction - ou l'équilibre – se trouve brisé entre diverses régions cérébrales.

En effet, chez les sujets dépressifs, des études d’imagerie cérébrale ont mis en évidence une activité anormalement basse dans le cortex préfrontal. La sévérité de la dépression est d’ailleurs souvent reliée au degré de la baisse d’activité du cortex préfrontal.
Chez les gens en dépression, c’est le cortex préfrontal gauche qui montre le plus de signe de faiblesse. Il devient donc très difficile pour une personne en dépression de se donner des objectifs en vue d’atteindre une récompense et de croire qu’on peut y parvenir.
Chez une personne normale, le cortex préfrontal gauche pourrait aussi contribuer à inhiber les émotions négatives générées par des structures limbiques comme les amygdales qui montrent une activité anormalement élevée chez les patients en dépression.
(source : http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_08/i_08_cr/i_08_cr_dep/i_08_cr_dep.html )

Les études sur l’activité cérébrale des personnes en dépression montrent en général :

- une baisse globale de leur activité corticale, et plus particulièrement de leur cortex préfrontal,

- couplée à une augmentation de l’activité de certaines structures limbiques :

D’une part les régions du lobe pariétal et de la partie supérieure du lobe temporal (néocortex), qui sont associées avec l’attention que l’on porte au monde extérieur, fonctionnent au ralenti chez les personnes en dépression.

D’autre part, les personnes dépressives montrent une hyperactivité de l’axe hypothalamo-hypophysio-surrénalien, avec atrophie de l’hippocampe (gestion des souvenirs) et hypertrophie de l’amygdale (gestion des émotions négatives et des menaces).

Ce déséquilibre explique que les personnes atteintes de dépression perçoivent négativement les événements et leur environnement, et soient constamment tournées vers leurs propres pensées noires.

Or ces structures limbiques primitives (cerveau émotionnel) sont davantage "connectées" au corps qu'au cerveau cognitif (néocortex), le cerveau émotionnel étant peu perméable à la raison.

Par conséquent, travailler d'abord sur son corps aide à reprendre le contrôle du mental sur ses émotions.

Certes, grâce à son cortex surdéveloppé l’être humain échappe le plus souvent à la loi animale des hormones.
Seulement il ne faut pas oublier que les émotions interfèrent encore sur nos mécanismes de raisonnement, et trop souvent l'émotionnel domine notre mental.

Surtout chez les dépressifs, où la maladie induit physiologiquement une plus grande préemption de l'émotionnel sur la raison.

Corps et esprit sont deux faces de la même entité... mais avec une légère asymétrie au profit du corps : antérieur dans l’évolution, le corps façonne les contenus de l’esprit plus que l’esprit ne façonne les siens

Comme nous l'avons vu plus haut, c'est surtout chez les dépressifs et anxieux chroniques qu'il existe une trop grande priorité du cerveau émotionnel sur le cognitif : l'émotionnel domine trop souvent le mental (tempérament trop sensible, trop réactif...),
C’est donc le cerveau émotionnel qu’il faut adresser directement pour guérir stress, anxiété et dépression : donc en passant plus par le corps que par le langage et la pensée. 

En effet, toute méthode passant par le corps et par les émotions,
permet de stimuler nos mécanismes naturels de rééquilibrage et d’autoguérison et par conséquent, guérir les structures limbiques suractivées. 

D’ailleurs de nombreuses études (cf. « Guérir », David Servan-Schreiber) ont montré que les méthodes les plus efficaces sont celles qui tablent sur les capacités de l’organisme à s’autoguérir (y compris notre cerveau émotionnel).


Article intéressant, au "Quotidien du Médecin" :
    dépressions et troubles bipolaires

Bernard:Le chat et à tous > article QdM: dépressions et troubles bipolaires
samedi 10 Avril 2004 à 4h06

Je vous recommande la lecture d'un article très intéressant et documenté sur les cyclothymies ou troubles bipolaires, qui se présentent sous différents tableaux cliniques. 

Le diagnostic est souvent trop tardif et erroné : 60 % des patients bipolaires ont eu au préalable un diagnostic de dépression unipolaire.
Tout déprimé doit être considéré a priori comme ayant une potentialité bipolaire !


En voici qques petits extraits :

Troubles bipolaires : une maladie psychiatrique à ne pas méconnaître.
Les troubles bipolaires se présentent sous différents tableaux cliniques. Le diagnostic des troubles bipolaires est complexe, mais seul un traitement précoce et adapté peut éviter ses graves conséquences pour le devenir du patient. La démarche thérapeutique devra s'attacher à rechercher tout indice en faveur d'une bipolarité.
Classification :
- Le type I associe des épisodes maniaques francs à un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs caractérisés (EDM).
- Le type II correspond à la succession dans le temps d'EDM et d'au moins un épisode hypomaniaque.
- Le type III associe des EDM à des épisodes maniaques ou hypomaniaques chimio-induits, le plus souvent par des antidépresseurs.
On y inclut aussi les patients unipolaires avec des antécédents familiaux de troubles bipolaires si importants qu'on les considère comme des bipolaires en puissance.

[ en gros, dans une "vraie" dépression bipolaire, les épisodes maniaques -euphoriques- sont accompagnés d'hallucinations.
Alors que l'hypomanie est une forme légère de désordre bipolaire, où les épisodes maniaques se caractérisent "seulement" par des comportements excessifs et "mégalos".].

Deux formes sont particulières par leur évolution :
- les formes à cycle rapide, représentant 20 % des états bipolaires, avec au moins 4 épisodes par an ;
- les formes circulaires se caractérisent par l'existence permanente d'épisodes dépressifs et maniaques, particulièrement épuisants pour le patient et son entourage. [ ... ]

Des manifestations très hétérogènes : par exemple, il est particulièrement délicat de poser le diagnostic d'hypomanie (l'hypomanie est une forme légère de désordre bipolaire). [ ... ]

Recherche des éléments évocateurs de bipolarité :
Le diagnostic est souvent trop tardif et erroné :
60 % des patients bipolaires ont eu au préalable un diagnostic de dépression unipolaire, [ ... ]
Tout déprimé doit être considéré a priori comme ayant une potentialité bipolaire
. [ ... ]

Les difficultés de la prise en charge :
Si le diagnostic est indispensable, il n'est pas suffisant à une bonne prise en charge. Pour que le patient accepte d'être traité, il faut qu'il se reconnaisse malade, ce qui lui impose de faire le deuil de son intégrité psychique et l'expose au discrédit de l'entourage. [ ... ]
Devant un épisode dépressif majeur, on ne peut faire l'impasse d'un traitement par antidépresseur, mais si on suspecte une bipolarité, il est nécessaire de revoir très rapidement le patient [ ... ]
Le principal souci est d'éviter les récidives.
On dispose actuellement de différents traitements : le lithium, le premier en date, [ ... ]

La stratégie thérapeutique ne peut se limiter à une prescription médicamenteuse. On peut envisager une prise en charge psychothérapique des troubles, [ ... ] Les mesures psychoéducatives sont indispensables, une information idéale devrait permettre d'accompagner le patient dans ses différentes étapes pour l'amener à ÊTRE SON PROPRE THÉRAPEUTHE (Ndlr: voir méthodes DSS).

Après la lecture de cet article, je comprends mieux vos interrogations et difficultés : le sujet n'est pas simple... pour les psychiatres, alors pour nous !
--- Bernard.

PS-1: vous pouvez consulter cet article en entier sur le site du Quotidien du Médecin (QdM) : http://www.quotimed.com : vous trouverez l'article en effectuant une Recherche (en haut à Gauche) : 'bipolaire'

PS-2: je viens de relever un texte intéressant dans l'ouvrage " Halte aux antidépresseurs " du Dr Serge Rafal (qui a créé à l'hôpital Tenon, à Paris, une consultation à orientation "médecines douces", et qui, comme DSS, prescrit des antidépresseurs qd il le faut) ; il écrit :
" Il importe d'abord de dégager la polarité dominante du trouble (dépression, manie ou hypomanie), puis de déterminer son intensité (bénigne, moyenne, majeure) afin de tenter de prévoir l'évolution. Le diagnostic précis n'est pas toujours aisé [ ... ]
Depuis les années 1960, les troubles de l'humeur sont classés en deux groupes : unipolaires, caractérisés par la dépression ; bipolaires, qui associent un épisode dit "maniaque".
Cette classification extrêmement simple en apparence ne l'est pourtant qu'en théorie puisque le quart voire les deux tiers des dépressions majeures seraient en fait des troubles bipolaires :
n'oublions pas qu' il faut en moyenne huit ans pour affirmer ce diagnostic [ ... ] " ! 

PS-3: Note (ajout en janvier 2006) : Le spectre bipolaire dans la dépression endogène :

Dans son livre « Troubles bipolaires, obsessions et compulsions : Les reconnaître et les soigner » (janvier 2006),
le Dr élie Hantouche, psychiatre spécialiste des troubles bipolaires, insiste :

"
Au sein du territoire assez large des dépressions, il existe des formes bipolaires atténuées, et on commence à mieux connaître le territoire de la bipolarité qui ne cesse de s'élargir aux dépens d'un rétrécissement du territoire des dépressions."
"De nombreuses études contemporaines ont révélé que les troubles de l'humeur ne se résument pas à deux formules fondamentales :
les formes avec 'manie' (trouble bipolaires BP-I ) et les dépressions récurrentes dites 'mélancoliques' (troubles unipolaires ou UP).
Des formes cliniques intermédiaires ou atténuées sont incluses entre ces deux pôles extrêmes et constituent un véritable spectre bipolaire."
"Il s'avère donc nécessaire de mieux connaître le territoire clinique de la bipolarité."

D’autre part, Hantouche part du constat que :
- 50% des TOC 
(troubles obsessionnels compulsifs) seraient associés à des troubles bipolaires discrets,
- 70% de diagnostiqués 
« personnalité borderline » seraient en réalité des cyclothymiques (bipolaires atténués),
ce qui expliquerait les nombreux échecs thérapeutiques ( AD prescrits trop rapidement, thymorégulateurs prescrits trop tardivement).
D’où l’importance de vigilance et de rigueur dans le diagnostic et dans les prescriptions.

 
Entre la simple dysthymie, l’épisode dépressif majeur dit "unipolaire" (EDM) et la franche psychose maniaco-dépressive,
il y aurait tout un spectre bipolaire souvent ignoré (cause endogène, forte composante biologique ; part génétique indiscutable, selon lui)

Et suivant le type de tempérament affectif, on rejoint un pôle dominant :
- soit pôle compulsif (surtout TOC), soit pôle impulsif (surtout borderline) =
- tendances soit au "trop de contrôle", soit au "pas assez de contrôle".

PS-4 : Lien avec les nouvelles pistes de la chronobiologie et des rythmes circadiens :
Les dépressions profondes
(et pas seulement la dépression saisonnière) pourraient être la conséquence d’une altération des rythmes de l’organisme.
Différentes mesures simples pourraient donc aider à restaurer les bons rythmes :
Lever ts les jours à la même heure ; gymnastique régulière le matin ; petit déjeuner copieux ; exposition à la lumière (voir simulateur d'aube) ; calme et lumière tamisée le soir ; etc...

PS-5: Troubles bipolaires et thyroïdie (ajout du 18/10/2009) :
- Certains troubles bipolaires sont attribués à une hyperthyroïdie :
« Des fluctuations brutales et exagérées de l’humeur peuvent avoir une autre explication que les troubles bipolaires. Certaines maladies neurologiques, une tumeur au cerveau ou des troubles de la thyroïde s’accompagnent parfois de fluctuations importantes de l’humeur.
Des médicaments comme les corticoïdes et les amphétamines, ou encore l’abus d’alcool et de drogues peuvent aussi provoquer des symptômes maniaco-dépressifs ».
(source :
http://www.eurekasante.fr/maladies/psychisme/trouble-bipolaire.html?pb=diagnostic)

- Pourtant, « l
es personnes atteintes du trouble bipolaire souffrent souvent de troubles du fonctionnement de la thyroïde ; aussi, les médicaments communs pour le traitement du trouble bipolaire, tels que le lithium, peuvent avoir un effet sur la fonction thyroïdienne. »
(source :
http://www.legislation-psy.com/spip.php?article1710 ).
En effet,

« une hyperthyroïdie peut précipiter ou aggraver des symptômes maniaques chez des sujets ayant un trouble cyclothymique préexistant » ; à l’inverse,
« le lithium peut mettre le fonctionnement thyroïdien en hypothyroïdie. » ...
Enfin, « le trouble bipolaire touche surtout les femmes et les personnes ayant des troubles thyroïdiens ».


--- Bernard.


 Troubles bipolaires, cyclothymie : Quelques réponses sur le nouveau forum guerir.fr 2009 :

24 Août 2009 à 16:45 Envoyé par Bernard78

Bonjour Thierry,

1) Thierry, dans votre message de samedi dernier, vous parlez «
de moment très agréable et de moment de grande tristesse et de déprime » :

Cet état, tel que vous le décrivez, me ferait penser à une forme atténuée d’hypomanie (cyclothymie, troubles bipolaires légers sans épisodes "maniaques" ).
Ce qui expliquerait que l’antidépresseur n’ait pas fonctionné (le millepertuis non plus ?) et, pire, que le deroxat ait provoqué un "virage maniaque" .
En effet, le diagnostic de l’hypomanie étant difficile, ce trouble bipolaire modéré est souvent traité comme une dépression unipolaire, donc habituellement par antidépresseurs.
Or le traitement de la dépression bipolaire par antidépresseur peut être «
au mieux inefficace, au pire dangereux » : cela peut induire une inversion de l’humeur vers une polarité maniaque ("virage maniaque" ) ou hypomaniaque.

D’autre part, des crises d’angoisse peuvent survenir après l’arrêt brutal d’un traitement par antidépresseurs. Cela dit, d’après les dates que vous nous indiquez, je suppose que l’arrêt du médicament a été progressif et donc que la crise d’angoisse ne serait pas un symptôme de sevrage ? Donc, ne pourrait-on pas penser, soit à une phase "down" d’hypomanie, soit --peut-être-- à un symptôme de surmenage (burn-out) ?

2) Seulement je viens de (re)lire votre précédente discussion
(http://www.guerir.fr/communaute/stress-anxiete-depression/la-vie-sans-antidepresseurs/fatigue-psychologique-besoin-dun-coup-de-main  ).

Votre fatigue me ferait alors penser à des troubles du sommeil (apnées du sommeil) :
la prise de somnifères pouvant provoquer des ronflements et donc des apnées du sommeil, cela ne pourrait-il pas expliquer votre grande fatigue ? qu’en pense votre médecin ?

3) Alors, Hypomanie (provoquée par l’antidépresseur ?)
et/ou Apnées du sommeil (provoquées par les somnifères ?) ?...
Ce ne sont, bien sûr, que des hypothèses. Mais peut-être pourriez-vous en parler à votre médecin ?

En attendant,

- Si vous souffrez vraiment d’apnées du sommeil, je suppose qu'il faudrait commencer par essayer de remplacer les somnifères (voire aussi l’anxiolytique, progressivement ?) par des mesures d’hygiène du sommeil (voir par exemple dans nos archives de l’ancien forum, en http://www.forum-guerir.com/topic.asp?TOPIC_ID=451  ). Le magnésium (cité par Syl/Dove) en fait partie.

- Pour réduire ces "hauts et bas" et en même temps pour éviter les médicaments régulateurs de l’humeur (thymorégulateurs), des spécialistes recommandent aujourd’hui l’hygiène des rythmes basée sur la chronobiologie et sur le rythme circadien :

Le Docteur Patrick Lemoine, qui va dans le même sens que David Servan-Schreiber dans Guérir , préconise pour restaurer les bons rythmes, un ensemble de mesures simples concernant la régularité des horaires
. du lever le matin (+ simulateur d'aube),
. de l’exercice physique (gymnastique le matin),
. des repas (attention aux sucres rapides)
. et du coucher le soir. (cf : Dépression – Larousse guides santé, du Dr P. Lemoine, 2006).

Et puis, à ces mesures d’hygiène des rythmes, on pourrait ajouter les compléments Oméga-3 (comme le suggérait Syl ).
Selon le Dr Andrew L. Stoll (son livre Les Oméga-3 – une révolution dans le domaine de la santé , 2005) : «
Dans ma pratique, les acides gras oméga-3* se sont imposés en tant que puissants remèdes dans le cas de troubles bipolaires »... a fortiori s'il ne s'agit que d'une cyclothymie légère.
*au moins 1gr d’EPA par jour.


Enfin voilà. Je me répète un peu mais parlez-en à votre médecin... enfin... seulement si vous le sentez "ouvert" ! Sinon à votre acupuncteur ?

Bon courage Thierry. C’est déjà formidable, cette complicité avec votre fils !
--- Bernard.
Bernard78.

03 Septembre 2009 à 11:26 Envoyé par Bernard78

Bonjour Thierry,
L’hypomanie ?
Et bien, contrairement aux troubles maniaco-dépressifs où l’exaltation (exagérée) alterne avec la dépression,
l’hypomanie correspond à des périodes d’euphorie (bonne humeur, enthousiasme) qui vont alterner avec des périodes d’humeur plus basse (dépression plus ou moins sévère).

L’hypomanie peut faire partie des troubles cyclothymiques :
Par rapport au trouble bipolaire 2 qui est une alternance de périodes d’hypomanie ("moment très agréable" ) et d’épisodes dépressifs majeurs ("moment de grande tristesse" ),
la cyclothymie est une alternance de périodes d’hypomanie et de périodes de dépression moins sévère (déprime, dysthymie).

La cyclothymie (et peut-être même le trouble bipolaire 2), devrait pouvoir se soigner sans médicaments thymorégulateurs, entre autres grâce aux oméga-3 :

Votre mieux être depuis la prise d’oméga-3, c’est déjà très encourageant (comme l’indiquait Syl , il faut au minimum 1gr d’EPA/jour, donc au moins 3 gélules/jour d’OM3 emotion isodisnatura).

Quant au magnésium, il optimiserait la régulation nerveuse induite par les oméga-3 (la prise associée d’oméga 3 et de magnésium favorisant les échanges inter et intracellulaires).

Et comme le soulignait Syl , ne pas oublier les antioxydants. Les antioxydants sont préconisés par David S-S dans Guérir afin de « protéger notre organisme contre les effets des oméga3 ingérés qui augmentent les besoins en antioxydants » =>
Par exemple, 1 capsule/jour de Bétasélen (de Arkopharma) : l’avantage de ce complexe antioxydant, c’est qu’il contient –entre autres— vitamine C, zinc et sélénium qui apportent aussi tonus et énergie.

Faire du sport régulièrement est aussi une bonne indication (sport régulier mais pas trop intensif quand même, il me semble).
Donc sport et oméga-3, c’est déjà un bon traitement.

Enfin, pour assurer la guérison d’une cyclothymie (et pour réduire les troubles bipolaires),
il est important de pratiquer aussi une "hygiène des rythmes" :
le docteur P. Lemoine par exemple, recommande la régularité des activités de la journée (lever, sport, repas, coucher...) afin de restaurer les bons rythmes.

Tenez-nous au courant !
Bonne journée à vous et à tous
--- Bernard.
Bernard78
 

06 Septembre 2009 à 16:59 Envoyé par Bernard78

Bonjour pierrotlunaire,
Peut-être trouverez-vous quelques pistes dans la discussion suivante :

« Communauté › Stress, anxiété, dépression : les approches de "Guérir", le premier livre de David Servan-Schreiber › La vie sans antidépresseurs › Besoin de votre avis »
(rubrique « La vie sans antidépresseurs »*),
en :
http://www.guerir.fr/communaute/stress-anxiete-depression/la-vie-sans-antidepresseurs/besoin-de-votre-avis  =>

Comme vient de l’indiquer Dove,
les compléments alimentaires oméga-3 peuvent avoir un effet très positif sur l'humeur :

Ainsi, les oméga-3 (1 à 2 gr d’EPA par jour) devraient aider à réduire ces troubles de l’humeur et plus particulièrement les troubles bipolaires et "mood swings",
et donc réduire –sous contrôle médical-- les doses de lithium ou autres thymorégulateurs (depakote, seroquel),
pour finalement réduire leurs effets secondaires difficiles à supporter.

Il est possible que d’autres mesures permettent de réduire encore ces surdosages nocifs de lithium et de thymorégulateurs. Il s’agit de mesures d’hygiène des rythmes (chronobiologie) :

Pour restaurer les bons rythmes (cycles éveil/repos de 24 heures) et donc pour faire disparaître les symptômes dépressifs, certains spécialistes, allant dans le même sens que David Servan-Schreiber dans Guérir , préconisent aujourd’hui  un ensemble de mesures simples concernant la nutrition et la régularité des horaires.

En résumé, les horaires
. du lever : ts les jours à la même heure, week-end compris (intérêt du simulateur d'aube),
. de l’exercice physique : gymnastique ts les matins à la même heure,
. des repas : petit déjeuner copieux (mais limiter les sucres),...
. du repas du soir (limiter les protéines),
. et du coucher : calme et lumière tamisée le soir, coucher à heure régulière (même le w-e),...
(cf : Dépression – Larousse guides santé, du Dr P. Lemoine, 2006).

En bref : autant que possible,
oméga-3 EPA dans les phases "down"  et
gym/sport dans les phases "high", en respectant la régularité des horaires jour/nuit...

Ces mesures demandent une certaine discipline, mais elles tiennent compte des variations de température corporelle, conditionnent le "métabolisme basal" (c-à-d le rythme cardiaque) et permettent la restauration les rythmes naturels de température corporelle et donc de faire disparaître les phases de dépression profonde. 

à bientôt :-)
--- Bernard.
Bernard78

PS : La prise d’antidépresseurs seuls (wellbutrin, effexor, etc  sans lithium ou thymorégulateur)
est déconseillée, même dans les phases "down" (risque d’aggravation des symptômes =
risques de "virage maniaque" et d’accélération des cycles).

19 Septembre 2009 à 23:54 Envoyé par Bernard78

Bonsoir "paolabi",
Vous ne pouvez être seule à convaincre à la fois votre mari malade et les psy !

C’est vrai qu’il y a une réelle difficulté à accompagner un proche bipolaire et aussi à trouver un psychiatre suffisamment "ouvert".
En revanche, les meilleurs spécialistes* s’accordent actuellement à dire
qu’ « un programme de psycho-éducation a pour effet d’améliorer le pronostic de la maladie bipolaire ».
Et ce programme d’aide (psycho-éducation, identification des humeurs, cognitions et comportements, travail sur les biorythmes...) est centré principalement sur les TCC (thérapies cognitives et comportementales).

Alors quel thérapeute et pour quelle aide ? Cela pourrait être
- soit un seul thérapeute "ouvert" (psychiatre ou médecin psychothérapeute) pour à la fois traitement et suivi ;
- soit deux thérapeutes : le traitement par un psychiatre ou un médecin généraliste, et le suivi par un psychothérapeute (psychoéducation, TCC, TIP des rythmes sociaux...).

Voici en quoi consiste ce suivi psychoéducatif :

«
On peut donner trois dimensions à la psychoéducation** :

>>  dimension pédagogique : donner des informations sur la maladie et les traitements (et convaincre le patient).
>>  dimension psychologique : soutenir émotionnellement la personne face aux difficultés d’accepter ou de vivre avec la maladie.
>>  dimension comportementale : donner des outils à la personne pour qu’elle adopte les comportements qui lui conviennent le mieux pour gérer ses problèmes.

Les principales formes thérapeutiques qui apparaissent indispensables à la prise en charge des troubles bipolaires associées au traitement pharmacologique sont :

>> La Psychoéducation personnelle et familiale : informer, favoriser l’alliance thérapeutique, soutenir le patient et sa famille, améliorer l’observance aux traitements (adhésion aux traitements et à un suivi médical régulier) ; diminuer le taux de récidives en aidant le patient à mieux connaître sa maladie ; apprentissage de l’hygiène de vie et du sommeil, de capacités d’autogestion du stress et des épisodes affectifs négatifs ; favoriser la participation de la famille, etc => TCC :

>> Les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) : Principalement, le thérapeute amène le patient à identifier ses fluctuations d’humeur, ses cognitions associées, ses réactions comportementales en fonction des contextes environnementaux.

>> La Thérapie Interpersonnelle et des rythmes sociaux (TIP) : consiste en un travail sur les rythmes biologiques et circadiens, partant du principe que « des dérèglements de l’hygiène de vie favorisent l’instabilité circadienne et précipitent les épisodes thymiques ».
»

Voilà, en gros, l’aide qu’il devrait être possible d’obtenir aujourd'hui ...

--- Bernard.
Bernard78.

* spécialistes parmi lesquels :
- Julien Mendlewicz professeur de psychiatrie (son livre « La dépression – un mal de vivre – des solutions ».
- Patrick Lemoine, psychiatre et spécialiste des troubles du sommeil et de la dépression (ses livres « La dépression – guide santé », « La détox, c’est la santé – pour une médecine plus écologique et moins chimique » ).

**Autres sources :
- TCC et prévention des troubles bipolaires :
http://bipotes.leforum.eu/t760-Comment-les-tcc-previennent-les-rechutes-chez-le-patient-bipolaire.htm
- Programme de psychoéducation du trouble bipolaire :
http://www.psychiatrie-sante.fr/forum/viewtopic.php?pid=204  et
http://bipolairemd.forumactif.fr/documentation-information-f7/psychoeducation-du-trouble-bipolaire-t5549.htm
 

22 Septembre 2009 à 09:38 Envoyé par Bernard78

Bonjour Paolabi,

C’est vrai que la situation n’est pas simple. Je comprends la difficulté de convaincre à la fois votre mari et le psy de votre mari. Cela doit être très frustrant pour vous de ne pouvoir intervenir et donc de vous sentir impuissante.

Vous semblez avoir beaucoup de courage mais peut-être auriez-vous besoin de vous faire aider par quelqu’un d’autre que le psychiatre de votre mari :
un psychothérapeute (ex : psychologue TCC) qui pourrait mettre en œuvre un programme d’aide et de psycho-éducation personnelle (votre mari) et familiale (vous et votre mari).

Je comprends que cela puisse être délicat vis-à-vis du psychiatre qui suit votre mari. Il vaudrait mieux une bonne coopération entre les deux thérapeutes... mais si celle-ci n’est pas possible, pouvez-vous subir seule cette situation ?

En tous cas, vous avez bien raison de toujours vous informer sur cette maladie qui ne doit pas être facile à vivre. Continuez de vous battre courageusement... mais n’hésitez pas à vous faire aider, autant que possible !

Bonne chance :-)
--- Bernard.


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