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Dépression et
méthodes DSS
Notes
préalables sur la dépression (synthèse),
par Bernard (01/2006 - 02/2010)
Fondements scientifiques
Article QdM : dépressions
et troubles bipolaires
Le spectre bipolaire dans la dépression endogène
Troubles bipolaires : extraits nouveau forum 2009
Témoignages
en archives forum
Notes
préalables de
Bernard sur la dépression
(synthèse... dernière
mise
à jour le 14/02/2010)
Qu'est-ce que la dépression ? Comment s'en sortir ?
1) une définition de la
dépression
Altération
de
l’humeur (fatigue physique
et psychique, perte de volonté (1), d'élan vital ),
baisse du tonus psychique, état durable de lassitude (présence d'idées négatives) voire
de profonde tristesse et d’abattement.
En
fait, le diagnostic d'épisode
dépressif repose sur un faisceau
d'arguments cliniques en rupture avec l'état
antérieur (dévalorisation de soi,
culpabilité, ralentissement psychomoteur,
anxiété, amaigrissement, troubles du
sommeil,...), et sur le retentissement fonctionnel, notamment
social.
La
dépression est
vue, de nos jours, comme résultant de l'interaction d'un
ensemble de facteurs, de causes biologiques,
psychologiques (cognitifs, émotifs et comportementaux) et
sociales, environnementales.
Autrement dit, le trouble dépressif est une maladie dont les causes sont multiples.
Les facteurs extérieurs, l'éducation, jouent un
rôle important tout autant que les facteurs personnels du sujet,
y compris la génétique.
La
dépression est au dire des spécialistes, reliée
à des changements physiques dans le cerveau, et correspond
à une perturbation des connecteurs chimiques que l’on
appelle les neurotransmetteurs.
2) principaux symptômes
En
gros, les symptômes de la dépression (persistants) peuvent
être
les suivants :
- Rupture par rapport au fonctionnement antérieur ;
- modifications de l'appétit et du sommeil (insomnie ou hypersomnie presque tous les jours) ;
- déficit cognitif (difficultés de concentration et de
réflexion) ;
- difficulté à prendre des décisions,
à anticiper ;
- fatigue,
perte
d'énergie, d'élan vital ;
- agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours ;
- baisse de
désirs et de libido, perte
d’intérêt ou de plaisir dans
beaucoup d’activités, impossibilité de
se réjouir ;
- doute, incertitude, sentiment de vide,
d’inutilité ;
- émotions positives "engourdies" (anhédonie) ;
- idées négatives (perception négative de tout ce qui arrive) ; vision
pessimiste du monde et de soi-même ;
- sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée ;
- baisse de l’estime de soi, passivité ou
irascibilité
;
- inhibition ou irritabilité, difficulté
à agir (agitation ou ralentissement dans la vie
quotidienne constaté par les autres) ;
- états d'anxiété,
découragements, tendance à la
culpabilité injustifiée ;
- symptômes émotionnels (hyperémotivité, ou au contraire, émoussement des émotions) ;
-
humeurs
changeantes (jusqu’à une profonde tristesse, voire
pensées de mort récurrentes, idées suicidaires) ;
- humeur dépressive pratiquement toute la journée,
avec un état d'âme plus mauvais le matin
que le soir ;
- souffrances
physiques (somatisations, ex: maux de tête) ;
- perte ou gain de poids significatifs en l'absence de régime ;
- etc.
3)
durée et
intensité des symptômes
Suivant
la durée et l’intensité de ces
symptômes, et donc leur répercussion sur les actes quotidiens, distinguer :
Dépression
légère (déprime) :
Fatigue
et
désintérêt pour
entreprendre des choses nouvelles, irascibilité parfois,
tendance à s’isoler et
à s’intéresser beaucoup moins
à ce qui touche ses proches et le monde extérieur
social. Découragement, baisse de moral en un mot
déprime. On se plaint d’être
débordé.
Simple coup de blues ?
Peut-être... mais
lorsque ces symptômes persistent durant des semaines ou des
mois et empêchent
un retour à une vie "normale", ils peuvent être
les prémices d’une
réelle dépression.
Dépression
moyenne (tristesse ou vraie dépression ?) :
L'évènement
déclencheur peut être une perte
( perte de l’être aimé,
chômage, deuil
etc…) (3).
Les symptômes peuvent
se manifester sous forme d'une perte de motivation, de
passivité, de fatigue,
d’insomnies, d’indifférence, de retrait
sur soi excessif, ou bien au contraire
d’irritabilité et
d’agressivité. Il devient de plus en plus
difficile de
continuer à travailler. Néanmoins l’on
est encore capable d’accomplir les
tâches indispensables quotidiennes.
Mais attention, le chagrin ce n'est pas la
dépression.
Lorsque
la tristesse est liée à un
événement douloureux ou consécutive
à une
perte d'objet (deuil, échec,
séparation, perte d'emploi) et
qu'elle s'atténue
spontanément avec le temps, elle ne peut être
considérée comme pathologique.
La tristesse peut même nous aider à changer notre vie en mieux : La tristesse, si elle ne se prolonge pas, permet de
se mettre en retrait pour récupérer ses forces, reconsidérer la situation, réfléchir
aux erreurs passées pour mieux rebondir.
La tristesse est
aussi une
façon de digérer une perte, d'accepter une
situation
douloureuse : les capacités d'adaptation du sujet permettent
un réajustement affectif et un investissement dans d'autres
centres d'intérêt.
Le vrai déprimé est au contraire incapable de ce
réajustement.
Dépression
sévère :
Etat
de profonde détresse qui dure, se caractérisant
par une
modification importante de l'humeur, une souffrance parfois
insupportable et un ralentissement des gestes de la vie courante.
Toutes les activités deviennent pesantes : intense douleur
morale, épuisement
maximum, envie de rien, goût à rien,
dégoût
de soi, sidération (on a perdu
toute envie de faire quoi que ce soit ou de communiquer avec les
autres)
ou au contraire agitation (mais sans rien faire de constructif ),
instabilité. Risque
suicidaire.
Il
s’agit en général d’une dépression
endogène dite
"mélancolique" aux facteurs biologiques
prédominants...
En effet, ces dépressions profondes,
intenses, avec perte d'élan vital, etc, sont aussi qualifiées d'états ou épisodes dépressifs
caractérisés (généralement endogènes = cause
physiologique/ biologique essentiellement).
Lorsqu'elles sont récurrentes, on ne parle même plus de
dépression unipolaire
mais de spectre bipolaire...
( voir note
)
(1)
le patient
se reproche
de ne pas avoir assez de volonté, alors que celle-ci est
justement inhibée par
sa maladie.
(2)
Dépression
masquée (surtout chez les
tempéraments hyperactifs) : le patient est anxieux et
irritable, et se plaint de troubles
somatiques variés (ex: mots de tête ou du dos).
(3)
Comprendre ou soigner ?
Certains auteurs considèrent que dans
ces dépressions, les évènements
déclencheurs viendraient réactiver une
dépression
latente qui pourrait avoir été
conditionnée par
des conflits intérieurs, par des facteurs d'environnement
familial, des schémas anciens et inconscients de
dysfonctionnements élaborés dans l'enfance (4). Possible... Il
est
vrai que dans un trauma, ce qui
déclenche les symptômes post-traumatiques, c’est parfois un 2ème
événement qui va réactiver un premier qui avait
été plus ou moins refoulé...
Seulement dans cette "philosophie" d'approche et ses
méthodes classiques, la psychiatrie se focalise
encore trop
sur le
passé du patient... sur lequel on ne peut
plus agir efficacement (sauf thérapie du type EMDR).
A force de chercher le "pourquoi" des troubles avec le
risque d’aggraver la dépression en remuant le
passé,
on perd le réflexe de décrire le
"comment" de
la maladie mentale. Si l'accès au passé du
patient aide
le médecin à comprendre son trouble, ce n'est en
général ni
nécessaire ni suffisant pour le soigner :
comprendre n'est pas
synonyme de soigner ; comprendre est un moyen pour soigner
et jamais un objectif médical en soi, cela peut
même être
dangereux pour les patients bipolaires (cf. Elie Hantouche),...
vu le nombre d'échecs thérapeutiques
(bipolarité souvent ignorée, AD prescrits trop
rapidement,
thymorégulateurs prescrits trop tardivement).
D'où ce devoir de rigueur et
de vigilance sur les symptômes, dans le diagnostic
et dans la
prescription.
Souvent, la dépression peut résulter
d’une accumulation
de stress et d’anxiété ayant
entraîné
à la longue une décompensation, et un cercle
vicieux
s'installe (troubles du sommeil, rupture
de l’équilibre physique et psychique)...
Ne pas oublier, non plus, les études
récentes
qui suggèrent que la
dépression "classique" pourrait être
également la
manifestation de réactions inflammatoires diffuses produites
par
un déséquilibre nutritionnel. A cette
vulnérabilité pourraient s'ajouter le
manque
d'exercice physique et la sédentarité, ou bien un
dérèglage de notre horloge biologique, etc...
(cf. DSS
dans "Guérir"). En particulier les nouvelles pistes de la
chronobiologie et des rythmes circadiens...
(4)
Différencier dépression
réactionnelle et dysthymie
(disthymie)
?
La dysthymie ou "névrose dépressive" est une sorte de dépression mineure chronique (tempérament dépressif).
Dans la dysthymie (disthymie), on parle de tempérament
car il n'y a pas vraiment rupture : les troubles pathologiques de
l’humeur et la tristesse sont chroniques et
présents dans
la majeure partie de
la journée. Les symptômes de la dysthymie peuvent
être : timidité-inhibition, pessimisme,
indécision,
perfectionnisme,
passivité, manque
d’énergie, faible confiance en soi, difficulté à s'affirmer,
sensibilité au
rejet, susceptibilité, peur de l'échec, etc,
voire
dépendance sociale.
Ce trouble peut s'installer sur plusieurs années et devenir même " un mode de vie " chronique.
La dysthymie peut aussi apparaître parfois au décours d'un
épisode dépressif mal guéri, ou bien c'est un
problème si ancien qu'il est difficile de savoir quand il a
commencé.
En effet, les symptômes (ou traits de
caractère, facteurs de vulnérabilité
à la
dépression) se
manifestent insidieusement pendant
l’enfance ou l’adolescence, souvent à
l’age
adulte. Au cours des années, les
symptômes peuvent s’accentuer, diminuer ou
disparaître.
Selon certains auteurs, ces traits seraient souvent associés
au
tempérament cyclothymique (avec des phases "high"
atténuées). Car ce tempérament
dépressif
peut être associé à des
épisodes
dépressifs majeurs.
4)
facteurs prédisposants et déclenchants
Modèle
d’apparition de la dépression (son
déterminisme est souvent multifactoriel,
plurifactoriel ) :
|
Facteurs
biologiques/ physiologiques
|
Facteurs
psychologiques
|
|
déclencheurs
actuels
|
prédispositions
|
déclencheurs
actuels
|
prédispositions
|
|
. stresseurs (fatigue, sommeil
et hygiène de vie déficients, anxiété chronique, surmenage voire épuisement...) =>
altération (réversible) du système limbique / cerveau émotionnel
(atrophie
de l'hippocampe cérébral, hypertrophie de
l'amygdale, ... => fragilité et cercles vicieux).
. maladies ou médicaments (états
dépressifs dits secondaires, dûs à
certaines maladies -Parkinson, SEP, cancers, pb
thyroïdien, insuffisance cardiaque, fibromyalgie-,
médicaments -corticoïdes, opiacés,
interféron, etc-, drogues ou dépendance à l'alcool)
.
possible responsabilité virale ? allergies, intoxication ? inflammations ?
. hypoglycémie réactive ?
. bouleversements hormonaux (ex: dépression post-partum)
. dysthyroïdies (hyper et hypothyroïdies) : voir TSH
.
lésions cérébrales ou tumeur cérébrale
|
.
vulnérabilité génétique ou
congénitale (dépression
endogène)
. déséquilibres
nutritionnels (ex: carence en vitamines B ;
Carences en oméga-3 =>
inflammations au niveau du système limbique/ cerveau émotionnel +
défaut
de fluidité des membranes des neurones =>
réduction de plasticité cérébrale => difficultés d'adaptation).
. TCA (anorexie) ou régimes amaigrissants.
.
sédentarité, défaut d'exercices physiques
. dette de sommeil (manquede sommeil accumulé)
.
altération des rythmes (circadiens) de l'organisme
. apnées du sommeil
|
. stresseur
psychosocial (expériences
frustrantes, surmenage, harcèlement
moral, réactivation d’un traumatisme refoulé, décompression...).
. pertes (deuil,
solitude, perte de relation, perte d'emploi, retraite, départ des enfants...);
perte de ce qui donnait sens à sa vie...
. échecs, perte de ce qui
alimentait l’estime de soi.
.
choc, sentiment d'impuissance, cambriolage, incendie,...
. rupture,
perte de points d'appui, perte d'emploi, exclusion d'un
groupe...
|
.
schéma cognitif défavorable, antécédents
familiaux ou personnels =>
. idéaux exigeants, devoir ; pessimisme, système de croyances négatif
. ou timidité ; faible estime de soi
. troubles relationnels, solitude,
difficultés à s'affirmer, introversion,...
|
|
=>
Troubles du métabolisme des neurotransmetteurs,
altérations des récepteurs,
trouble de la modulation des neuropeptides =>
Dépression
|
|
La
dépression est une maladie du cerveau (inflammation,
réduction de l'hippocampe, réduction de la
plasticité
cérébrale) =>
Flux
d'informations endommagé suite à un manque de
substance de transmission (sérotonine).
|
Des
prédispositions héréditaires sont
souvent présentes,
et on le voit, les facteurs internes ou externes, biologiques/ physiologiques ou
émotionnels/ psychologiques, prédisposants ou déclencheurs,
internes et environnementaux, s’entremêlent le plus souvent.
5)
classification (prédominance)
On
peut cependant
distinguer les dépressions à prédominance
endogène, exogène ou secondaire (liée au terrain) :
-
Dépression endogène
= forte composante biologique comme dans les troubles
maniaco-dépressifs où la part
génétique semble indiscutable
(le
sujet s'installe dans la dépression sans cause apparente) ;
Mélancolies
= origine
biologique, voire vulnérabilité
génétique
ou congénitale ? (prédispositions) =
épisodes dépressifs majeurs ou caractérisés, dits unipolaires mais
de plus en plus assimilés aux troubles bipolaires/ cyclothymiques
(hypomanies) ( voir note
)
-
Dépression exogène = facteurs
environnementaux et psychologiques
prédominants
; forte composante soit névrotique soit
réactionnelle
à des évènements traumatiques...
même si une vulnérabilité
endogène et/ou secondaire est souvent rencontrée :
* états
dépressifs dits névrotiques, schéma cognitif
défavorable, avec vulnérabilité
héréditaire (voir plus haut : dysthymie) (prédispositions) : les gens sont plus vulnérables à la dépression
lorsque leurs besoins de base ne sont pas satisfaits et lorsqu'ils ne réussissent
pas à défendre leur droit d'être traités avec respect (impuissance à vivre ce
qui est de première importance pour soi ; baisse de l'estime de soi ).
*
ou états dépressifs réactionnels, situationnels (déclencheurs, rupture) :
perte, deuil, séparation, déception,
échec,
rupture ; passage
de l'enfance à l'adolescence, ou de l'âge
mûr à la vieillesse ; situation
bloquée, conflit grave, difficulté
à s'adapter à une
nouvelle
situation
(ex : difficultés
financières et
professionnelles) ; exclusion d'un groupe, isolement social ou
affectif,
etc... :
le patient est
déprimé à l'occasion
d'un événement ou d'un environnement extérieur ;
cependant, du fait de prédispositions ou de
vulnérabilités, la réaction du sujet
est plus douloureuse que chez une autre
personne.
La dépression fonctionne alors avec deux cercles
vicieux :
Premier cercle vicieux : la fatigue. Il s'agit d'une fatigue
particulière. On l'appelle "paradoxale", car contrairement aux
fatigues physiques habituelles, elle se manifeste plutôt le matin, elle est
désagréable, et plus on se repose, plus on est fatigué.
Second cercle vicieux : l'isolement. Un dépressif a tendance à supporter
de moins en moins la compagnie et à devenir solitaire. Et évidemment, plus il
est seul, plus il est déprimé.
- états
dépressifs dits secondaires ou
liés au terrain :
* dépression
saisonnière, dérèglements des
biorythmes (voir chronobiologie)
* contrecoup
d’un stress
prolongé, d'un surmenage (déclencheurs) (5)
avec carences, mauvaise hygiène de vie
(vulnérabilité)
* épuisement
(burn-out).
* bouleversements hormonaux chez la femme
(grossesse, accouchement, ménopause),
ex.: la dépression post-partum d'origine purement hormonale, maladie grave souvent mal
diagnostiquée, à ne pas confondre avec le "baby blues" qui est de courte durée.
* origine
toxique :
. drogues,
alcool (l'alcool conduit à la dépression, pas l'inverse !), toxiques alimentaires (exposition prolongée)
.
médicaments (ex : contre l'hypertension, corticoïdes, stéroïdes,
somnifères,
contraceptifs,
certains antibiotiques
)
*
maladies (ex : infections, hypothyroïdie, tumeurs
cérébrales, maladie de Parkinson, arthrite,
alcoolisme, hépatite, AVC, maladies cardiaques,
traumatismes physiques ...), etc.
(5) La
progression du stress
accumulé entraîne un état d'anxiété
qui regroupe
plusieurs pathologies, dont surtout :
- l’anxiété
généralisée –TAG—
(inquiétude constante, crainte du lendemain, avec des
manifestations physiques : tension dans le corps, troubles
intestinaux,
mains moites, accélérations du rythme cardiaque,
etc).
- les attaques
d’anxiété, de panique qui
sont très courantes. Elles se manifestent
soudainement, alors que tout va apparemment bien chez des sujets
souvent jeunes
et pas forcément anxieux.
- la dépression
est la
dernière étape (accumulation de stress et
d’anxiété entraînant un
découragement
du corps et de l’esprit).
On peut
arriver à la dépression sans avoir
été anxieux mais, dans la plupart des cas,
elle se combine avec une forme
d’anxiété (cf interview
DSS).
6) Soins et
guérison
Quelle que
soit l’origine de la dépression (endogène, exogène) et quelle que
soit sa forme (découragement, irritabilité),
celle-ci reviendrait à un déséquilibre au niveau du cerveau émotionnel.
Ce déséquilibre ne se limiterait pas à un
dérèglement biochimique : il a été
démontré qu'il se produisait surtout des changements
physiologiques, notamment l’hypertrophie de l'amygdale cérébrale et l'atrophie de l’hippocampe
cérébral, responsable de l’organisation des
souvenirs en particulier dans la mémoire explicite
dite déclarative (et donc pas seulement un dérèglement biochimique)*.
Par conséquent, guérir
profondément revient à agir directement sur les causes
de la maladie, autrement dit à regénérer physiologiquement
le cerveau émotionnel.
Or, même si les antidépresseurs soignent les symptômes en permettant dans certaines situations de stopper un
cercle vicieux, ils ne restaurent généralement pas la
plasticité neuronale.
« Les antidépresseurs sont
utiles et importants puisqu’ils sont capables de directement changer l’activité
du cerveau émotionnel (par un effet sur les neurotransmetteurs, en particulier
augmentation du taux de sérotonine, les antidépresseurs aident l’amygdale à se
calmer, ils régulent le flot des émotions négatives).
Par contre, les antidépresseurs ne sont que des
béquilles dans la mesure où, lorsqu’on
arrête le traitement, ils ne jouent plus ce rôle, ce qui explique les récidives
fréquentes » (DSS).
Or, plus une personne a eu d’épisodes
dépressifs, moins le facteur déclenchant susceptible de créer une rechute a
besoin d’être important. En d’autres termes, on déprime au début à la suite de
gros ennuis, puis, au fur et à mesure, le moindre souci entraîne une rechute.
En effet, chaque épisode dépressif fragilise un peu
plus le cerveau émotionnel et rend la personne plus vulnérable.
Heureusement, tout ce qui est bon et sain pour
l’organisme stimule l'autoguérison et la regénération du cerveau
limbique, soit en produisant des effets positifs équivalents aux
médicaments (et sans effets secondaires ni accoutumance), soit en potentialisant leurs effets.
Lien aux autres, exercice physique, yoga, méditation, correction
de déficits nutritionnels, sport, luminothérapie etc :
tous ces moyens naturels, préventifs, complémentaires ou
même alternatifs pour les cas moins sévères (tels
que ceux préconisés
par DSS dans « Guérir »),
permettent aux neurones de
développer de nouvelles "branches", de créer de nouvelles connexions,
autrement dit stimuler rééquilibrage et autoguérison du cerveau
émotionnel, restaurer la plasticité cérébrale, stimuler la
neuroplasticité hippocampique en particulier.
Une
thérapie EMDR peut être envisagée si la
dépression est consécutive à un
ou des événements traumatisants, même très
lointains. Ce type de traitement
agira en quelques séances au plus profond de la blessure, avec
beaucoup plus d’efficacité qu’une cure
verbale : « ces approches qui "descendent dans le
corps", étendent les acquis de la psychanalyse, jusque dans
la réalité physique, là où, au final, doit avoir lieu la guérison ».
Enfin, la thérapie cognitive (méthode psychothérapeutique
la mieux validée pour la dépression) peut aider non seulement à développer des
pensées positives, mais aussi à modifier en profondeur les schémas cognitifs
qui traitent l’information de manière pessimiste et à rétablir un équilibre
entre les pensées négatives et les pensées positives.
Bref, ne pas hésiter à mettre en œuvre des
moyens d'aide complémentaires...
Voir aussi http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=depression_pm
* Dépression : se secouer ? se raisonner ? (fondements scientifiques) :
En général, les efforts pour se
"secouer" sont contreproductifs et ont pour résultat d’augmenter la
culpabilité du dépressif. Il faut donc éviter d'exhorter un
dépressif à se dépasser et à se changer les
idées : cela ne fait que renforcer chez lui son sentiment de culpabilité et d'impuissance.
Il faut
comprendre que la dépression est une véritable maladie affectant physiologiquement
les régions profondes du cerveau émotionnel.
Ainsi la dépression s’installe quand
l'interaction - ou l'équilibre – se trouve brisé entre diverses régions
cérébrales.
En
effet, chez les sujets dépressifs, des études
d’imagerie
cérébrale ont mis en évidence une activité
anormalement basse dans le cortex
préfrontal. La sévérité de la
dépression est d’ailleurs souvent reliée au
degré
de la baisse d’activité du cortex préfrontal.
Chez les gens en dépression, c’est le cortex
préfrontal gauche qui montre le plus de signe de faiblesse. Il devient donc très
difficile pour une personne en dépression de se donner des objectifs en vue
d’atteindre une récompense et de croire qu’on peut y parvenir.
Chez une personne normale, le cortex préfrontal gauche pourrait aussi contribuer
à inhiber les émotions négatives générées par des structures limbiques comme
les amygdales qui montrent une activité anormalement élevée chez les patients
en dépression.
(source : http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_08/i_08_cr/i_08_cr_dep/i_08_cr_dep.html
)
Les études sur l’activité cérébrale
des personnes en dépression montrent en général :
- une baisse globale de leur activité corticale, et plus
particulièrement de leur cortex préfrontal,
- couplée à une augmentation de l’activité de certaines structures limbiques :
D’une part les régions du lobe pariétal et de la partie supérieure du lobe
temporal (néocortex), qui sont associées avec l’attention que l’on porte au
monde extérieur, fonctionnent au ralenti chez les personnes en dépression.
D’autre part, les personnes dépressives montrent une hyperactivité de l’axe
hypothalamo-hypophysio-surrénalien, avec atrophie de l’hippocampe (gestion des
souvenirs) et hypertrophie de l’amygdale (gestion des émotions négatives
et des menaces).
Ce déséquilibre explique que les personnes atteintes de dépression perçoivent
négativement les événements et leur environnement, et soient constamment
tournées vers leurs propres pensées noires.
Or ces structures limbiques primitives (cerveau émotionnel) sont davantage
"connectées" au corps qu'au cerveau cognitif (néocortex), le cerveau
émotionnel étant peu perméable à la raison.
Par conséquent, travailler
d'abord sur son corps aide à reprendre le contrôle du mental sur ses
émotions.
Certes, grâce à son cortex
surdéveloppé l’être humain échappe le plus souvent à la loi animale des
hormones.
Seulement il ne faut pas oublier que les émotions interfèrent encore sur nos
mécanismes de raisonnement, et trop souvent l'émotionnel domine notre
mental.
Surtout chez les dépressifs, où la maladie induit physiologiquement une plus grande préemption de l'émotionnel sur la
raison.
Corps et esprit sont deux faces de
la même entité... mais avec une légère asymétrie au profit du corps : antérieur dans l’évolution, le corps façonne les
contenus de l’esprit plus que l’esprit ne façonne les siens
Comme nous l'avons vu plus haut,
c'est surtout chez les dépressifs et anxieux chroniques
qu'il existe une trop grande priorité du cerveau émotionnel sur le
cognitif : l'émotionnel domine trop souvent le mental (tempérament trop
sensible, trop réactif...),
C’est donc le cerveau émotionnel qu’il faut adresser directement pour
guérir stress, anxiété et dépression : donc en
passant plus par le corps que par le langage et la pensée.
En effet,
toute méthode passant par le corps et par les émotions,
permet de stimuler
nos mécanismes naturels de rééquilibrage et d’autoguérison et par
conséquent, guérir les structures limbiques suractivées.
D’ailleurs
de nombreuses études (cf. « Guérir », David Servan-Schreiber) ont
montré que les méthodes les plus efficaces sont celles qui tablent sur les
capacités de l’organisme à s’autoguérir (y compris notre cerveau
émotionnel).
Article intéressant, au
"Quotidien du Médecin" :
dépressions et troubles bipolaires
Bernard:Le chat et à tous > article QdM:
dépressions et troubles bipolaires
samedi 10 Avril 2004 à 4h06
Je vous recommande la lecture d'un article très
intéressant et documenté sur les cyclothymies ou
troubles bipolaires, qui se présentent sous
différents tableaux cliniques.
Le diagnostic est souvent trop tardif et erroné : 60 % des
patients bipolaires ont eu au préalable un diagnostic de
dépression unipolaire.
Tout
déprimé doit être
considéré a priori comme ayant une
potentialité bipolaire !
En voici qques petits extraits :
Troubles bipolaires : une maladie psychiatrique à ne pas
méconnaître.
Les troubles bipolaires se présentent sous
différents tableaux cliniques. Le diagnostic des troubles
bipolaires est complexe, mais seul un traitement précoce et
adapté peut éviter ses graves
conséquences pour le devenir du patient. La
démarche thérapeutique devra s'attacher
à rechercher tout indice en faveur d'une
bipolarité.
Classification :
- Le type I associe des épisodes maniaques francs
à un ou plusieurs épisodes dépressifs
majeurs caractérisés (EDM).
- Le type II correspond à la succession dans le temps d'EDM
et d'au moins un épisode hypomaniaque.
- Le type III associe des EDM à des épisodes
maniaques ou hypomaniaques chimio-induits, le plus souvent par des
antidépresseurs.
On y inclut aussi les patients unipolaires avec des
antécédents familiaux de troubles bipolaires si
importants qu'on les considère comme des bipolaires en
puissance.
[ en gros, dans une "vraie" dépression bipolaire, les
épisodes maniaques -euphoriques- sont accompagnés
d'hallucinations.
Alors que l'hypomanie est une forme légère de
désordre bipolaire, où les épisodes
maniaques se caractérisent "seulement" par des comportements
excessifs et "mégalos".].
Deux formes sont particulières par leur évolution
:
- les formes à cycle rapide, représentant 20 %
des états bipolaires, avec au moins 4 épisodes
par an ;
- les formes circulaires se caractérisent par l'existence
permanente d'épisodes dépressifs et maniaques,
particulièrement épuisants pour le patient et son
entourage. [ ... ]
Des manifestations très
hétérogènes : par exemple, il est
particulièrement délicat de poser le diagnostic d'hypomanie
(l'hypomanie est une forme légère de
désordre bipolaire). [ ... ]
Recherche des éléments évocateurs de
bipolarité :
Le
diagnostic est souvent trop tardif et erroné :
60 % des patients bipolaires ont eu au préalable un
diagnostic de dépression unipolaire, [ ... ]
Tout déprimé doit être
considéré a priori comme ayant une
potentialité bipolaire. [ ... ]
Les difficultés de la prise en charge :
Si le diagnostic est indispensable, il n'est pas suffisant à
une bonne prise en charge. Pour que le patient accepte d'être
traité, il faut qu'il se reconnaisse malade, ce qui lui
impose de faire le deuil de son intégrité
psychique et l'expose au discrédit de l'entourage. [ ... ]
Devant un épisode dépressif majeur, on ne peut
faire l'impasse d'un traitement par antidépresseur, mais si
on suspecte une bipolarité, il est nécessaire de
revoir très rapidement le patient [ ... ]
Le principal souci est d'éviter les récidives.
On dispose actuellement de différents traitements : le
lithium, le premier en date, [ ... ]
La stratégie thérapeutique ne peut se limiter
à une prescription médicamenteuse. On peut
envisager une prise en charge psychothérapique des troubles,
[ ... ] Les mesures psychoéducatives sont indispensables,
une information idéale devrait permettre d'accompagner le
patient dans ses différentes étapes pour l'amener
à ÊTRE SON PROPRE THÉRAPEUTHE (Ndlr:
voir méthodes DSS).
Après la lecture de cet article, je comprends mieux vos
interrogations et difficultés : le sujet n'est pas
simple... pour les psychiatres, alors pour nous !
--- Bernard.
PS-1: vous pouvez consulter cet article en entier sur le
site du Quotidien
du Médecin (QdM) : http://www.quotimed.com :
vous trouverez l'article en effectuant une Recherche (en haut
à Gauche) : 'bipolaire'
PS-2: je viens de
relever un texte intéressant dans l'ouvrage " Halte
aux antidépresseurs " du Dr Serge Rafal (qui a
créé à l'hôpital Tenon,
à Paris, une consultation à orientation
"médecines douces", et qui, comme DSS, prescrit des
antidépresseurs qd il le faut) ; il écrit :
" Il importe d'abord de dégager la polarité
dominante du trouble (dépression, manie ou hypomanie), puis
de déterminer son intensité (bénigne,
moyenne, majeure) afin de tenter de prévoir
l'évolution. Le diagnostic précis n'est pas
toujours aisé [ ... ]
Depuis les années 1960, les troubles de l'humeur sont
classés en deux groupes : unipolaires,
caractérisés par la dépression ;
bipolaires, qui associent un épisode dit "maniaque".
Cette classification extrêmement simple en apparence ne l'est
pourtant qu'en théorie puisque le quart voire les
deux tiers des dépressions
majeures seraient en fait des troubles bipolaires
:
n'oublions pas qu' il faut en moyenne huit ans pour affirmer
ce diagnostic [ ... ] " !
PS-3: Note (ajout
en janvier 2006) : Le spectre
bipolaire dans
la dépression endogène :
Dans son livre
« Troubles
bipolaires, obsessions et compulsions : Les reconnaître et
les
soigner » (janvier 2006),
le Dr élie Hantouche, psychiatre
spécialiste
des troubles bipolaires, insiste :
"Au
sein du territoire assez large des dépressions, il existe
des
formes bipolaires atténuées, et on commence
à
mieux connaître le territoire de la bipolarité qui
ne
cesse de s'élargir aux dépens d'un
rétrécissement du territoire des
dépressions."
"De nombreuses études contemporaines ont
révélé que les
troubles de l'humeur ne se résument pas à deux
formules fondamentales :
les
formes avec 'manie' (trouble bipolaires BP-I ) et les
dépressions récurrentes dites 'mélancoliques' (troubles
unipolaires ou UP).
Des formes cliniques intermédiaires
ou atténuées sont incluses entre ces deux
pôles extrêmes et constituent un
véritable spectre bipolaire."
"Il s'avère donc nécessaire de mieux
connaître le territoire clinique de la bipolarité."
D’autre
part, Hantouche
part du constat que :
-
50% des TOC (troubles
obsessionnels compulsifs) seraient associés
à des troubles bipolaires discrets,
-
70% de diagnostiqués « personnalité
borderline » seraient en
réalité des cyclothymiques (bipolaires
atténués),
ce
qui expliquerait les nombreux échecs
thérapeutiques ( AD
prescrits trop rapidement, thymorégulateurs
prescrits trop
tardivement).
D’où
l’importance de vigilance et de rigueur dans le diagnostic et
dans les
prescriptions.
Entre
la simple
dysthymie, l’épisode dépressif majeur
dit "unipolaire" (EDM) et la
franche psychose maniaco-dépressive,
il
y aurait tout un spectre bipolaire souvent ignoré (cause
endogène, forte
composante biologique ; part génétique
indiscutable, selon lui)
Et suivant le type de tempérament affectif, on rejoint un
pôle dominant :
- soit pôle compulsif (surtout TOC), soit pôle
impulsif (surtout borderline) =
-
tendances soit au "trop de contrôle", soit au "pas assez de
contrôle".
PS-4 : Lien avec les nouvelles
pistes de la
chronobiologie et des rythmes
circadiens :
Les dépressions profondes (et pas
seulement la dépression saisonnière) pourraient
être la conséquence d’une
altération des rythmes de l’organisme.
Différentes mesures simples pourraient donc aider
à restaurer les bons rythmes :
Lever
ts les jours à la même heure ; gymnastique
régulière le matin ; petit déjeuner
copieux ;
exposition à la lumière (voir simulateur d'aube)
; calme
et lumière tamisée le soir ; etc...
PS-5: Troubles bipolaires et thyroïdie (ajout du 18/10/2009) :
- Certains troubles bipolaires sont
attribués à une hyperthyroïdie :
« Des fluctuations brutales et exagérées de l’humeur peuvent avoir
une autre explication que les troubles bipolaires. Certaines maladies
neurologiques, une tumeur au cerveau ou des troubles de la thyroïde s’accompagnent parfois de fluctuations importantes de
l’humeur.
Des médicaments comme les corticoïdes et les amphétamines, ou encore l’abus
d’alcool et de drogues peuvent aussi provoquer des symptômes maniaco-dépressifs ».
(source : http://www.eurekasante.fr/maladies/psychisme/trouble-bipolaire.html?pb=diagnostic)
- Pourtant, « les personnes atteintes
du trouble bipolaire souffrent souvent de troubles
du fonctionnement de la thyroïde ; aussi,
les médicaments communs pour le traitement du trouble bipolaire, tels que le
lithium, peuvent avoir un effet sur la fonction thyroïdienne. »
(source : http://www.legislation-psy.com/spip.php?article1710
).
En effet,
« une hyperthyroïdie peut précipiter ou aggraver des symptômes
maniaques chez des sujets ayant un trouble cyclothymique
préexistant » ; à l’inverse,
« le lithium peut mettre le fonctionnement thyroïdien en hypothyroïdie. »
...
Enfin, « le trouble bipolaire touche surtout les femmes et les personnes
ayant des troubles thyroïdiens ».
--- Bernard.
Troubles bipolaires, cyclothymie : Quelques réponses sur le nouveau
forum guerir.fr 2009 :
24 Août 2009 à 16:45 Envoyé par Bernard78
Bonjour Thierry,
1) Thierry, dans votre message de samedi dernier, vous parlez « de moment très agréable et de moment de grande tristesse et de déprime » :
Cet état, tel que vous le décrivez, me ferait penser à une forme atténuée d’hypomanie
(cyclothymie, troubles bipolaires légers sans épisodes "maniaques" ).
Ce qui expliquerait que l’antidépresseur n’ait pas fonctionné (le millepertuis
non plus ?) et, pire, que le deroxat ait provoqué un "virage
maniaque" .
En effet, le diagnostic de l’hypomanie étant difficile, ce trouble bipolaire
modéré est souvent traité comme une dépression unipolaire, donc habituellement
par antidépresseurs.
Or le traitement de la dépression bipolaire par antidépresseur peut être « au mieux inefficace, au pire dangereux » : cela peut
induire une inversion de l’humeur vers une polarité maniaque ("virage
maniaque" ) ou hypomaniaque.
D’autre part, des crises d’angoisse peuvent survenir après l’arrêt
brutal d’un traitement par antidépresseurs. Cela dit, d’après les dates que
vous nous indiquez, je suppose que l’arrêt du médicament a été progressif et
donc que la crise d’angoisse ne serait pas un symptôme de sevrage ? Donc, ne
pourrait-on pas penser, soit à une phase "down" d’hypomanie, soit
--peut-être-- à un symptôme de surmenage (burn-out) ?
2) Seulement je viens de (re)lire votre précédente discussion
(http://www.guerir.fr/communaute/stress-anxiete-depression/la-vie-sans-antidepresseurs/fatigue-psychologique-besoin-dun-coup-de-main
).
Votre fatigue me ferait alors penser à des troubles du sommeil (apnées du
sommeil) :
la prise de somnifères pouvant provoquer des ronflements et donc des apnées du
sommeil, cela ne pourrait-il pas expliquer votre grande fatigue ? qu’en pense
votre médecin ?
3) Alors, Hypomanie (provoquée par l’antidépresseur ?)
et/ou Apnées du sommeil (provoquées par les somnifères ?) ?...
Ce ne sont, bien sûr, que des hypothèses. Mais peut-être pourriez-vous en
parler à votre médecin ?
En attendant,
- Si vous souffrez vraiment d’apnées du sommeil, je suppose qu'il faudrait
commencer par essayer de remplacer les somnifères (voire aussi l’anxiolytique,
progressivement ?) par des mesures d’hygiène du sommeil (voir par exemple dans
nos archives de l’ancien forum, en http://www.forum-guerir.com/topic.asp?TOPIC_ID=451
). Le magnésium (cité par Syl/Dove) en fait partie.
- Pour réduire ces "hauts et bas" et en même temps pour éviter les
médicaments régulateurs de l’humeur (thymorégulateurs), des spécialistes
recommandent aujourd’hui l’hygiène des rythmes basée sur la
chronobiologie et sur le rythme circadien :
Le Docteur Patrick Lemoine, qui va dans le même sens que David Servan-Schreiber
dans Guérir , préconise pour restaurer les bons rythmes, un ensemble de
mesures simples concernant la régularité des horaires
. du lever le matin (+ simulateur d'aube),
. de l’exercice physique (gymnastique le matin),
. des repas (attention aux sucres rapides)
. et du coucher le soir. (cf : Dépression – Larousse guides santé, du Dr
P. Lemoine, 2006).
Et puis, à ces mesures d’hygiène des rythmes, on pourrait ajouter les
compléments Oméga-3 (comme le suggérait Syl ).
Selon le Dr Andrew L. Stoll (son livre Les Oméga-3 – une révolution dans le
domaine de la santé , 2005) : « Dans ma pratique, les
acides gras oméga-3* se sont imposés en
tant que puissants remèdes dans le cas de troubles bipolaires »... a fortiori s'il ne s'agit que d'une cyclothymie légère.
*au moins 1gr d’EPA par jour.
Enfin voilà. Je me répète un peu mais parlez-en à votre médecin... enfin...
seulement si vous le sentez "ouvert" ! Sinon à votre acupuncteur ?
Bon courage Thierry. C’est déjà formidable, cette complicité avec votre fils !
--- Bernard.
Bernard78.
03 Septembre 2009 à 11:26 Envoyé par Bernard78
Bonjour Thierry,
L’hypomanie ?
Et bien, contrairement aux troubles maniaco-dépressifs où l’exaltation
(exagérée) alterne avec la dépression,
l’hypomanie correspond à des périodes d’euphorie (bonne humeur, enthousiasme)
qui vont alterner avec des périodes d’humeur plus basse (dépression plus ou
moins sévère).
L’hypomanie peut faire partie des troubles cyclothymiques :
Par rapport au trouble bipolaire 2 qui est une alternance de périodes
d’hypomanie ("moment très agréable" ) et d’épisodes dépressifs
majeurs ("moment de grande tristesse" ),
la cyclothymie est une alternance de périodes d’hypomanie et de périodes
de dépression moins sévère (déprime, dysthymie).
La cyclothymie (et peut-être même le trouble bipolaire 2), devrait pouvoir se
soigner sans médicaments thymorégulateurs, entre autres grâce aux oméga-3 :
Votre mieux être depuis la prise d’oméga-3, c’est déjà très encourageant
(comme l’indiquait Syl , il faut au minimum 1gr d’EPA/jour, donc au moins 3
gélules/jour d’OM3 emotion isodisnatura).
Quant au magnésium, il optimiserait la régulation nerveuse induite par
les oméga-3 (la prise associée d’oméga 3 et de magnésium favorisant les
échanges inter et intracellulaires).
Et comme le soulignait Syl , ne pas oublier les antioxydants. Les antioxydants
sont préconisés par David S-S dans Guérir afin de « protéger notre
organisme contre les effets des oméga3 ingérés qui augmentent les besoins en
antioxydants » =>
Par exemple, 1 capsule/jour de Bétasélen (de Arkopharma) : l’avantage de ce
complexe antioxydant, c’est qu’il contient –entre autres— vitamine C, zinc et
sélénium qui apportent aussi tonus et énergie.
Faire du sport régulièrement est aussi une bonne indication (sport régulier
mais pas trop intensif quand même, il me semble).
Donc sport et oméga-3, c’est déjà un bon traitement.
Enfin, pour assurer la guérison d’une cyclothymie (et pour réduire les troubles
bipolaires),
il est important de pratiquer aussi une "hygiène des rythmes" :
le docteur P. Lemoine par exemple, recommande la régularité des activités de la
journée (lever, sport, repas, coucher...) afin de restaurer les bons rythmes.
Tenez-nous au courant !
Bonne journée à vous et à tous
--- Bernard.
Bernard78
06 Septembre 2009 à 16:59 Envoyé par Bernard78
Bonjour pierrotlunaire,
Peut-être trouverez-vous quelques pistes dans la discussion suivante :
« Communauté › Stress, anxiété, dépression : les approches de "Guérir",
le premier livre de David Servan-Schreiber › La vie sans antidépresseurs ›
Besoin de votre avis »
(rubrique « La vie sans antidépresseurs »*),
en :
http://www.guerir.fr/communaute/stress-anxiete-depression/la-vie-sans-antidepresseurs/besoin-de-votre-avis
=>
Comme vient de l’indiquer Dove,
les compléments alimentaires oméga-3 peuvent avoir un effet très positif sur
l'humeur :
Ainsi, les oméga-3 (1 à 2 gr d’EPA par jour) devraient aider à réduire
ces troubles de l’humeur et plus particulièrement les troubles bipolaires et
"mood swings",
et donc réduire –sous contrôle médical-- les doses de lithium ou autres
thymorégulateurs (depakote, seroquel),
pour finalement réduire leurs effets secondaires difficiles à supporter.
Il est possible que d’autres mesures permettent de réduire encore ces
surdosages nocifs de lithium et de thymorégulateurs. Il s’agit de mesures d’hygiène
des rythmes (chronobiologie) :
Pour restaurer les bons rythmes (cycles éveil/repos de 24 heures) et donc pour
faire disparaître les symptômes dépressifs, certains spécialistes, allant dans
le même sens que David Servan-Schreiber dans Guérir , préconisent aujourd’hui
un ensemble de mesures simples concernant la nutrition et la régularité des
horaires.
En résumé, les horaires
. du lever : ts les jours à la même heure, week-end compris (intérêt du
simulateur d'aube),
. de l’exercice physique : gymnastique ts les matins à la même heure,
. des repas : petit déjeuner copieux (mais limiter les sucres),...
. du repas du soir (limiter les protéines),
. et du coucher : calme et lumière tamisée le soir, coucher à heure régulière
(même le w-e),...
(cf : Dépression – Larousse guides santé, du Dr P. Lemoine, 2006).
En bref : autant que possible,
oméga-3 EPA dans les phases "down" et
gym/sport dans les phases "high", en respectant la régularité des
horaires jour/nuit...
Ces mesures demandent une certaine discipline, mais elles tiennent compte des
variations de température corporelle, conditionnent le "métabolisme
basal" (c-à-d le rythme cardiaque) et permettent la restauration les
rythmes naturels de température corporelle et donc de faire disparaître les phases
de dépression profonde.
à bientôt :-)
--- Bernard.
Bernard78
PS : La prise d’antidépresseurs seuls (wellbutrin, effexor, etc sans
lithium ou thymorégulateur)
est déconseillée, même dans les phases "down" (risque
d’aggravation des symptômes =
risques de "virage maniaque" et d’accélération des cycles).
19 Septembre 2009 à 23:54 Envoyé par Bernard78
Bonsoir "paolabi",
Vous ne pouvez être seule à convaincre à la fois votre mari malade et les
psy !
C’est vrai qu’il y a une réelle difficulté à accompagner un proche bipolaire et
aussi à trouver un psychiatre suffisamment "ouvert".
En revanche, les meilleurs spécialistes* s’accordent actuellement à dire
qu’ « un programme de psycho-éducation a pour effet d’améliorer le pronostic de
la maladie bipolaire ».
Et ce programme d’aide (psycho-éducation, identification des humeurs,
cognitions et comportements, travail sur les biorythmes...) est centré
principalement sur les TCC (thérapies cognitives et comportementales).
Alors quel thérapeute et pour quelle aide ? Cela pourrait être
- soit un seul thérapeute "ouvert" (psychiatre ou médecin
psychothérapeute) pour à la fois traitement et suivi ;
- soit deux thérapeutes : le traitement par un psychiatre ou un médecin
généraliste, et le suivi par un psychothérapeute (psychoéducation, TCC, TIP des
rythmes sociaux...).
Voici en quoi consiste ce suivi psychoéducatif :
« On peut donner trois dimensions à la
psychoéducation** :
>> dimension pédagogique : donner des informations sur la
maladie et les traitements (et convaincre le patient).
>> dimension psychologique : soutenir émotionnellement la
personne face aux difficultés d’accepter ou de vivre avec la maladie.
>> dimension comportementale : donner des outils à la
personne pour qu’elle adopte les comportements qui lui conviennent le mieux
pour gérer ses problèmes.
Les principales formes thérapeutiques qui apparaissent indispensables à la
prise en charge des troubles bipolaires associées au traitement pharmacologique
sont :
>> La Psychoéducation personnelle et familiale : informer,
favoriser l’alliance thérapeutique, soutenir le patient et sa famille,
améliorer l’observance aux traitements (adhésion aux traitements et à un suivi
médical régulier) ; diminuer le taux de récidives en aidant le patient à mieux
connaître sa maladie ; apprentissage de l’hygiène de vie et du sommeil, de
capacités d’autogestion du stress et des épisodes affectifs négatifs ;
favoriser la participation de la famille, etc => TCC :
>> Les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) :
Principalement, le thérapeute amène le patient à identifier ses fluctuations
d’humeur, ses cognitions associées, ses réactions comportementales en fonction
des contextes environnementaux.
>> La Thérapie Interpersonnelle et des rythmes sociaux (TIP) :
consiste en un travail sur les rythmes biologiques et circadiens, partant du
principe que « des dérèglements de l’hygiène de vie favorisent l’instabilité
circadienne et précipitent les épisodes thymiques ». »
Voilà, en gros, l’aide qu’il devrait être possible d’obtenir aujourd'hui
...
--- Bernard.
Bernard78.
* spécialistes parmi lesquels :
- Julien Mendlewicz professeur de psychiatrie (son livre « La dépression –
un mal de vivre – des solutions ».
- Patrick Lemoine, psychiatre et spécialiste des troubles du sommeil et de la
dépression (ses livres « La dépression – guide santé », « La détox,
c’est la santé – pour une médecine plus écologique et moins chimique » ).
**Autres sources :
- TCC et prévention des troubles bipolaires :
http://bipotes.leforum.eu/t760-Comment-les-tcc-previennent-les-rechutes-chez-le-patient-bipolaire.htm
- Programme de psychoéducation du trouble bipolaire :
http://www.psychiatrie-sante.fr/forum/viewtopic.php?pid=204
et
http://bipolairemd.forumactif.fr/documentation-information-f7/psychoeducation-du-trouble-bipolaire-t5549.htm
22 Septembre 2009 à 09:38 Envoyé par Bernard78
Bonjour Paolabi,
C’est vrai que la situation n’est pas simple. Je comprends la difficulté de
convaincre à la fois votre mari et le psy de votre mari. Cela doit être très
frustrant pour vous de ne pouvoir intervenir et donc de vous sentir
impuissante.
Vous semblez avoir beaucoup de courage mais peut-être auriez-vous besoin de
vous faire aider par quelqu’un d’autre que le psychiatre de votre mari :
un psychothérapeute (ex : psychologue TCC) qui pourrait mettre en œuvre un
programme d’aide et de psycho-éducation personnelle (votre mari) et familiale
(vous et votre mari).
Je comprends que cela puisse être délicat vis-à-vis du psychiatre qui suit
votre mari. Il vaudrait mieux une bonne coopération entre les deux thérapeutes...
mais si celle-ci n’est pas possible, pouvez-vous subir seule cette
situation ?
En tous cas, vous avez bien raison de toujours vous informer sur cette maladie
qui ne doit pas être facile à vivre. Continuez de vous battre courageusement...
mais n’hésitez pas à vous faire aider, autant que possible !
Bonne chance :-)
--- Bernard.
Voir
aussi notre revue de presse :
Ça
m'intéresse - Octobre
2005
"Médecine
des émotions - Solutions contre la Fatigue"
Témoignages et conseils en archives
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Sevrage
des psychotropes - Médication (2003)
Sevrage des
psychotropes - Médication (2004)
SEVRAGE médicaments - "moi et mes médocs" (2005-2008)
Témoignages
divers, Aides et Recherches de solutions diverses (1)
Témoignages
divers, Aides et Recherches de solutions diverses (2)
AttaquedePANIQUE/Crised'ANGOISSE>phobie,dépression
Anxiete et crise de panique > dépression ?
DEPRESSION : infos,échanges,témoignages
Topic des troubles BIPOLAIRES (2005-2008)
Om3
et troubles bipolaires (maniaco-dépress.) ; lithium
& thymorégulateurs (2003-2004)
Dysthymie
; Procrastination ; manque d'énergie et de
contrôle de soi
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