CNV : Travail sur soi (divers)
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Travail sur soi :
EMOTIONS, AMOUR, COLERE, ESTIME DE SOI, SOI et les AUTRES, CNV, etc

Définitions : Assertivité - Communication émotionnelle
Empathie
Intelligence émotionnelle
Affirmation de soi, Confiance en soi, Estime de soi
Cartes SPACEE et ELFE de "Guérir"
Messages du forum : DSS sur France Inter


Préambule de Bernard A. (dernière mise-à-jour le 5 novembre 2008). 

Définition de l'assertivité :

L'assertivité, c'est l'« affirmation de soi positive constructive et responsable, intelligente, adulte », c'est savoir s'affirmer (*) sans agressivité :
c'est la base de la « communication non violente » (CNV).
Etre assertif, c'est savoir défendre ses droits tout en respectant ceux des autres.

L'assertivité permet de mieux s’intégrer au groupe, de faire évoluer les choses « dans l’intérêt et le respect de soi, mais aussi d’ autrui » : c’est la façon optimale de s’affirmer  et d’exprimer sa personnalité (réduction des conflits... et du stress !). 

Comment reconnaître l'assertivité ?
« Savoir dire non, savoir demander, oser s’exprimer… Une attitude, si elle est vraiment assertive, rapporte toujours un bénéfice. Surtout, on ne la regrette pas, quel qu’en soit le résultat. »

Elle suppose : 
- humilité (l'humilité comme force tranquille) : « Je suis humain, je peux donc me tromper, je l’accepte et j’apprends de mes erreurs que je reconnais »,
- sens de la mesure, de la réplique (équilibre émotionnel), du dialogue, de la négociation et du savoir-faire (s'entraîner !...).

Elle exige :
- savoir critiquer (sans mépris ), savoir recevoir la critique ( calme, estime de soi, humour bienveillant, ...),
- savoir exprimer clairement ses besoins... et comprendre ceux des autres,
- savoir se faire respecter sans heurter ni blesser ( autorité, tact...),
- pouvoir communiquer sans s’imposer ni s’effacer (« j'ai des choses à dire et je les exprime »),
- savoir communiquer de façon positive et responsable,
- savoir exposer son opinion de façon claire et précise (sans faux-fuyant), de manière directe mais non agressive.
- ne pas se laisser envahir par la peur de dire ou inversement par la colère,
- savoir sortir des jeux de pouvoirs,
- être respectueux et respectable, savoir développer la réciprocité,
- écouter ses émotions et sentiments, apprendre à les exprimer, reconnaître émotions et sentiments de son interlocuteur (empathie), etc…

En résumé, l'assertivité est une attitude à la fois d'affirmation de soi et de respect d'autrui.
Il s'agit d'assurer le respect d'autrui et celui de soi-même, l'affirmation de soi et l'humilité, la capacité à dire, autant que celle à entendre. L'assertivité est l'attitude dans laquelle le partage de points de vue différents devient possible sans conflits.

 Quant à la communication non violente (CNV) bienveillante ou assertive, c'est une méthode qui permet la communication respectueuse de soi et de l'autre, qui permet d'accroître la qualité de la relation et la compréhention mutuelle : il s'agit d'un processus complexe à utiliser avec discernement (il peut parfois être légitime et plus efficace de choisir la passivité ou l'agressivité).

Apprendre le comportement assertif (force tranquille) peut nécessiter chez certains un gros travail sur eux-mêmes (**).
Ce travail intérieur peut être grandement facilité s'il s'appuie sur des méthodes corporelles efficaces. Celles préconisées par DSS dans Guérir (médecine émotionnelle) feront participer le corps à tout travail intérieur de retraitement (comportement, cognition, analyse).

 Définition de l' empathie :

Etymologiquement parlant, "empathie" signifierait : "comprendre l'émotion" ou "comprendre la souffrance".
Dans les sciences humaines, l'empathie désigne une attitude envers autrui caractérisée par un effort de compréhension intellectuelle de l'autre, excluant tout entraînement affectif personnel (sympathie, antipathie) et tout jugement moral :
Contrairement à la sympathie ou même à la compassion (état émotionnel), l'empathie est une pratique intellectuelle qui, par définition, s'enseigne et s'apprend.
L'empathie implique un mécanisme de recul intellectuel qui vise la compréhension des états émotionnels des autres, se mette à sa place en pratiquant l’écoute dite bienveillante (ou écoute active, par reformulation : exprimer ce que l’on a éprouvé en écoutant l’autre).
L'empathie est une notion désignant la capacité d'une personne qui peut comprendre les sentiments et les émotions d'une autre personne, sans se faire parasiter par un état affectif ou émotionnel "sympathique" ou "antipathique". L'empathie s'associe avec un positionnement distancié, impartial et neutre.

(Source : encyclopédie Wikipédia en http://fr.wikipedia.org/wiki/Empathie ) 

Pour d’autres auteurs, l’empathie est une forme de résonance émotionnelle, permettant de comprendre la cause de l’état émotionnel d’autrui. Mais « s’il est essentiel de pouvoir partager les émotions avec les autres, il faut aussi garder son autonomie et une certaine distance consciente. Sans cette distance, il ne peut y avoir compréhension de l’état affectif de l’autre : il y a seulement contagion des émotions. ».

(cf. magazine « Cerveau & Psycho » N°13, 2006) 

Pour Daniel Goleman (cf. « l’intelligence émotionnelle »),
l’empathie repose sur la conscience de soi ; plus nous sommes sensibles à nos propres émotions, mieux nous réussissons à déchiffrer celles des autres : reconnaître émotions et sentiments de son interlocuteur, implique se savoir écouter ses propres émotions et sentiments (aptitude à identifier son état émotionnel et celui de autres).
Comme l’écrivait DSS (cf. « Guérir »), contrôler son être intérieur, développer son intelligence émotionnelle, c’est commencer par « ne plus être un étranger, ni pour soi-même, ni pour les autres. ». 

Plusieurs des méthodes préconisées par DSS peuvent nous y aider, en particulier l’exercice régulier de la respiration consciente/ cohérence cardiaque (un logiciel de biofeedback pourrait aider ceux qui n'ont pas un bon ressenti de leur corps).

Empathie et style d'attachement :

Boris Cyrulnik explique qu’ayant souffert d’un manque de sécurité affective, de négligences, de carences affectives, de maltraitances, un enfant pourra développer adulte,

- Un manque d’empathie, donc une incapacité à se décentrer de lui-même, de s'ouvrir à l'autre (pour se représenter le monde de l'autre, pour se mettre à sa place). Ce manque d'empathie pourra le rendre peu communicatif, égocentrique, peu adaptable et peu sociable, voire associable et même pervers ou psychopathe.

- Ou au contraire un excès d’empathie : il va se dépersonnaliser au point de ne plus compter, ne plus jouir de la vie qu’à travers l’autre... ici, attention à l’excès d’identification, à la contagion des émotions (une distance consciente est nécessaire).

[ Attention aussi aux fausses intuitions projectives... ]

Mais rappelons-le : l'empathie peut toujours se développer. Boris Cyrulnik ajoute qu'un style d’attachement qui se forme dans l’enfance n’est pas irréversible, n’est pas une fatalité. Nos relations avec les autres, les épreuves de la vie peuvent être formatrices (ex : échecs amoureux). C'est grâce à ces épreuves que l'on peut néanmoins évoluer favorablement et "grandir", mûrir : évoluer dans son style affectif, dans ses modes d'attachement.
Autrement dit, les empreintes de l'enfance ne sont pas irrémédiables, la vie peut les effacer. 


Comment faire preuve d'intelligence émotionnelle ?

Conscience de soi (et connaissance de ses émotions) :
- écouter son corps ; identifier et qualifier ses émotions en s’observant.
- Comprendre les causes de ses émotions.
- Ne pas confondre émotions et actions, sentiments et pensée ;
  identifier l’état émotionnel pour ce qu’il est (ex : de la fatigue, pas de la faim) :
  identifier son état émotionnel et celui des autres,
  en comprendre le déroulement naturel.
- Connaître ses limites, reconnaître ses forces et faiblesses ; se remettre en cause ;
  éviter de se cacher la vérité ou de se mentir à soi-même, et savoir rire de soi ) ...  

Maîtrise de ses émotions et maîtrise de soi (automotivation) :
- Savoir dominer sa frustration, sa colère, sa tristesse, son anxiété, son impulsivité :
  capacité d’adapter ses sentiments à chaque situation ;
  aptitude à raisonner sur ses propres émotions et celles des autres ;
  capacité de canaliser ses émotions pour se concentrer, se maîtriser et s’automotiver.
- Capacité de remettre à plus tard la satisfaction de ses désirs et de réprimer ses pulsions :
  savoir raisonner au sujet de ses émotions (savoir remettre à plus tard la satisfaction d’une pulsion).
- Assumer la responsabilité de ses actions et décisions.
- Exprimer ses craintes et sentiments avec calme et assurance.
- Gérer la situation de façon appropriée nécessite du discernement et un bon équilibre émotionnel :
  donc apprendre à laisser passer par exemple une vague de fatigue, ou faire une pause "relaxation" ;
  comprendre l’intérêt de l’exercice physique, de la respiration ou de la "méditation" ... 

Empathie :
- Se mettre à la place de l’autre, savoir ce qu’il ressent.
- Savoir écouter l’autre et poser les bonnes questions.
- Admettre sa perception différente des choses.
- Percevoir chez l’autre ce qui est émotionnel ou réfléchi (perception des émotions d’autrui, réceptivité 
  aux signaux subtils qui indiquent les sentiments, besoins et désirs des autres).

Maîtrise des relations humaines (capacité d’entretenir de bonnes relations avec autrui, et donc de gérer les émotions des autres) :
- Faire preuve d’adresse et de finesse dans la communication ; parler avec les mots justes
  (nécessite un bon équilibre émotionnel).
- S’adapter (et non simplement réagir) aux nouvelles situations.
- Savoir résoudre les conflits, éclaircir les malentendus, négocier les accords, conserver son intégrité
  (art de la médiation : nécessite une bonne confiance en soi...).
- Moins d’autoritarisme, plus d’esprit de coopération.
- Emettre des avis plutôt que des critiques (voir assertivité et CNV ...)

En guise de conclusion, notons qu'aujourd’hui, exprimer (avec calme) ses émotions n’est plus considéré comme un signe de faiblesse, mais plutôt comme un signe d’intelligence.

(**)  Affirmation de soi et Confiance en soi, Estime de soi :

L’essentiel sur l’estime de soi 
(d’après –entre autres-- « imparfaits, libres et heureux » de Christophe André ) 

I. Qu’est-ce que l’estime de soi ?

L'estime de soi, c'est le sentiment qu'on a de la valeur, qu'on est respectable.

C’est une évaluation de soi (questions sur les aspects favorables et défavorables de soi, questions sur ses capacités et sur sa valeur) qui s’appuie sur : 

1. ce que l’on pense de soi,
2. comment on se sent avec ces pensées
3. ce que l’on fait de sa vie avec tout ça. 

« L’estime de soi est le sentiment de s’aimer, d’être aimé, d’être compétent et utile aux autres ». 

Estime de soi et confiance en soi (l’estime de soi appliquée à nos actes)
sont donc les fondements de notre équilibre personnel et social.

Le psychologue Nathaniel Branden présentait d’ailleurs l'estime de soi comme :
« un besoin fondamental du genre humain, in­dispensable au bonheur et à la santé ».
« L’estime de soi est l’outil de notre liberté et de notre autonomie psychologique : c’est ce qui va nous permettre de tirer le meilleur des influences de notre passé, et aussi de nous en affranchir pour devenir nous-mêmes. ».  

L’estime de soi aide à l'autonomie, et à surmonter les souffrances de la vie.

Notamment, les personnes ayant une bonne estime d’eux-mêmes ont moins de difficultés à gérer leur stress. En retour, une bonne gestion du stress apporte une meilleure confiance en soi.

D’ailleurs pour beaucoup d'auteurs, c'est le maintien d'une bonne estime de soi qui donne la clé de la résilience, de la résistance psychique :
- être un peu plus serein,
- être un peu plus confiant,
- être un peu plus audacieux,
- être un peu plus indifférent aux regards et aux jugements (...mais tenir compte de nos traits de
  personnalité de base)...

Car en effet, l’estime de soi n’a de sens que dans les relations sociales. 

Certains auteurs distinguent d'ailleurs l'estime de soi personnelle ( « Je m'aime quoi que je fasse »)
de l'estime de soi sociale 
( « Je m'aime lorsque je me sens aimé par l'autre »).

En fait, l’estime de soi reposerait, d’après Christophe André, sur le bon équilibre de trois "piliers" : 
Amour de soi (amour propre), Vision de soi positive (ambition), Confiance en soi (estime de soi dans l'action).

A) Amour propre :
L’estime de soi est une évaluation (l’idée
que l’on se fait de soi ), qui se fait à partir de standards et dépend d’attentes sociales et de schémas relationnels (l’estime de soi d’un sujet peut se refléter au travers de ce qu’autrui pense de lui). 

Ainsi l’ « amour de soi » (ou respect de soi ), consiste à s’aimer malgré ses défauts, ses limites, et à savoir se reconstruire après un échec ; l’amour propre se construit dans l’enfance... mais nos interactions avec autrui peuvent exercer, au quotidien, une influence positive ou négative constante. 

En effet, un schéma relationnel inclut les comportements de rejet ou d’acceptation, d’approbation ou désapprobation qu’autrui (parent, proche, enseignant, etc.) exerce sur soi.

(excès = susceptibilité, égocentrisme, mégalomanie / manque = complexes)
 

B) Ambition :
La
« vision de soi  positive » (croire en ses capacités), c’est ce qui permet de se projeter dans l'avenir de façon positive, de lutter contre l’adversité, et de persévérer :
Une image positive de soi est une force intérieure qui nous permet de croire en nous malgré l’adversité.

La vision de nous-mêmes peut varier selon nos humeurs, ou selon les circonstances. Mais elle dépend en partie des projets que nos parents (ou proches, enseignants, modèles, etc) formaient pour nous... et de notre interprétation de ces attentes.  

En conséquence, nos principaux objectifs de vie (affectifs, professionnels, matériels,…) –autrement dit nos ambitions-- reflètent pour une bonne part les attentes passées ou présentes de notre entourage proche à notre égard.

(excès = orgueil, arrogance / manque = timidité, insatisfaction chronique malgré des succès) 

C) Confiance en soi (estime de soi dans l’action) :
La
« confiance en soi », troisième composante de l’estime de soi, désigne l'estime de soi pour son "agir" et sa compétence. Le courage et l’affirmation de soi, qui en sont des composantes, sont à la fois le soutien et la manifestation de l’estime de soi.
« la confiance en soi ne s'applique qu'à nos actes : nous avons confiance en nous parce que nous savons faire telle ou telle chose sans crainte excessive de l'échec ou du jugement d'autrui. Mais ce n'est là qu'un des aspects de l'estime de soi. ».

La confiance en soi mène à l’action, nous encourage à agir. Inversement, oser agir donne confiance en soi… et mène à l’action. 

« La confiance en soi, c’est l’estime de soi appliquée à nos actes : quand on a confiance en soi, on réactive l'estime de soi. Réciproquement, l'estime de soi va renforcer la confiance en soi, le sentiment d'être à la hauteur et d'être fiable, elle va permettre de prendre des initiatives et d'oser. » (Christophe André) 

On peut donc dire que l’estime de soi, c’est un rapport à soi-même (ce mélange de regards et de jugements que je porte sur moi ) ... mais qui se nourrit de l’action comme du lien social. 

Finalement, l’estime de soi dépend du rapport entre ambition et réussite... 

Et les buts que l’on se propose, non seulement dépendent de la confiance que l’on a en soi, mais aussi –réciproquement-- déterminent l’estime que l’on aura pour soi . 

II. Neuf objectifs pour restaurer l’estime de soi : 

Une forte ou faible estime de soi se construit en fonction des comportements d’acceptation ou de rejet d’autrui auxquels on est quotidiennement confronté.
Ces expériences répétées conduisent à la construction d’attentes d’échec, de réussite, d’acceptation ou de rejet de soi par autrui (vision de soi, confiance en soi).
 

Ainsi, que ce soient des critiques ou des compliments, notre interprétation (ce qu'on a intégré en soi du discours des autres), peut nous transformer en perfectionnistes insatisfaits de nos performances et de nos succès. 

En conséquence, pour développer ou restaurer une bonne estime de soi, Christophe André nous propose les neuf objectifs suivants :
- Mieux se connaître (vie consciente),
- S’accepter tel que l’on est,
- Etre honnête (responsabilité de soi, intégrité personnelle ),
- Agir (identification de nos objectifs et priorités),
- Faire taire le critique intérieur, et Accepter l’idée de l’échec,
- S’affirmer, mais aussi être empathique,
- S’appuyer sur les personnes de son entourage.

1) Mieux se connaître.
La règle d’or en matière d’estime de soi : prendre conscience de ses capacités et de ses limites...

Pour cela, apprendre à réfléchir sur soi-même (au milieu des autres), à dialoguer avec soi-même, ex. journal intime (ici, verbaliser peut aider à ordonner ses pensées.... mais attention aux excès !) =>

. Lutter ainsi contre ses complexes ou excès d’amour propre.
. Se protéger des influences toxiques et pressions sociales.
. S’écouter, se respecter, s’affirmer au lieu de se mentir.
. Prendre conscience de ses défenses inadaptées -> apprendre des stratégies plus adaptées -> apprendre à gérer ses objectifs, etc. 

L'estime de soi est indissociable de la conscience de soi (recul, auto-analyse, remise en question,…), qui revient à mieux se connaître, à respecter les faits, surtout : ne pas "faire l'autruche", ne pas se voiler la face.

La conscience de soi, c’est aussi ressentir son corps tout entier, être plus attentif à soi-même : c’est aussi retrouver sa source de vie et d’inspiration profonde, son "moi viscéral". Ceci afin de sortir des automatismes et rigidités, des idées reçues et croyances négatives, des apparences et des aliénations. Certaines pratiques méditatives (ou l’EMDR, ou des techniques de "cohérence cardiaque") peuvent aider à activer en nous un mode cérébral plus adaptatif...

Pour le psychologue Nathaniel Branden (« les six clés de la confiance en soi »), une vie consciente consiste également « à être présents dans ce qu'on est en train d'accomplir, curieux et ouvert à tout ce qui nous entoure, nous intéresse, nous touche ou nous enrichit - ici et maintenant ». 
De même, comme l’explique Mihaly Csikszentmihalyi dans ses livres « Vivre » et « Mieux vivre », comprendre que nous avons tendance à vivre à côté de notre vie, peu conscients des bonheurs qui la traversent et déconnectés de nos émotions. A cause d'une forme récurrente d'inattention, nous subissons d'un côté les stress ou les soucis générés par le travail et nos différentes obligations, et de l'autre nous passons nos moments de détente dans une sorte d'état second... :
« ne pas être un étranger, ni pour soi-même ni pour les autres », résume DSS dans « Guérir ». =>

Nathaniel Branden préconise de commencer par lutter contre notre "paresse d’esprit" :
« Plus je suis conscient de ce que sont mes intérêts, mes valeurs, mes buts, et plus ma vie s’en trouve facilitée : je prends plaisir à me servir de mon esprit ; il m’est plus utile de corriger mes erreurs que de les nier ; il m’est plus utile d’être conscient de mes valeurs que de les ignorer, et de les analyser au lieu de les considérer comme des axiomes à ne jamais remettre en question. »
« Je me dois de ne pas céder à la tentation de me cacher des faits déplaisants. J’ai besoin de dominer mes pulsions de fuite au lieu de les laisser me dominer ; si je comprends le contexte dans lequel je vis et j’agis, mes actions seront plus efficaces. Ce n’est jamais une perte de temps que d’essayer de comprendre mon environnement et le monde qui m’entoure. Je ne peux rester compétent qu’en augmentant mes connaissances. Apprendre doit être une manière de vivre ; mieux je me connais et me comprends, meilleure est la vie que je peux me créer. L’auto-analyse (orientée vers l’action et le développement de soi ) est essentielle pour la réussite de la vie ». 

Donc faire le point par rapport à mes aspirations, mes buts (vérifier que mes actes vont dans le même sens ; admettre mes erreurs et les corriger)
Recherche de vérité aussi : honnêteté envers soi (voir plus bas) => pouvoir se projeter dans l’avenir (lutte contre l'inertie au changement : rigidité ou passivité, "paresse" psychique) => autonomie et choix.

« Ne pas éviter l’inconfort s’il nous conduit à passer à côté de réalités importantes et nous interdit des actions vitales. Ne pas éviter de regarder les problèmes en face (suite d’aveuglements et de souffrances refusées) ». 

Ne pas oublier non plus, qu’il existe un lien étroit entre estime de soi, humeurs et émotions :
se connaître, c’est aussi savoir reconnaître ses états intérieurs (corporels, émotionnels, psychiques).

D'autre part, mieux nous nous sentirons dans votre corps, moins la charge émotionnelle des événements --présents et passés-- nous pèsera, et notre travail sur nous-même s'en trouvera d'autant facilité.

2) S’accepter tel que l’on est (sans complaisance ni renoncement) :
Il n’est pas nécessaire d’être sans défaut pour avoir une bonne estime de soi. 

Pour Nathaniel Branden, il faudrait « se donner la permission et avoir le courage de s'approprier nos pensées, nos émotions et nos actions sans s'en échapper, ni les nier ou les dénigrer (dépasser ses complexes, droit à l'imperfection, savoir prendre le risque de se tromper). »
« L'acceptation de soi risque de brouiller notre image "officielle" de nous-mêmes, peut nous obliger à reconnaître des pensées, des sentiments, des actes qui menacent notre équilibre »...

...Mais, ajoutent DSS et C. André,  on peut se remettre en question, on peut s’améliorer sans pour autant s’auto-flageller :
arrêter de ruminer ses échecs passés et ses doutes : relativisez (sans se voiler la face) et positivez.

Comment ne se juger (s’évaluer) que pour s’aider, et non pour se violenter et se punir ?
- En s’acceptant, même imparfait. S’accepter pour mieux se changer et pour évoluer... pour naître enfin à soi-même :

- Donc pour changer, commencer par s’accepter (...et agir ensuite) :

On ne change correctement que sur une base d’acceptation de soi (ses erreurs et ses limites) -> puis viendra ensuite le temps du jugement (critique ou favorable)...

Mais attention : pour mieux se connaître et mieux s'accepter, il n'est pas nécessaire (et pas souhaitable) d'y consacrer de longues (et coûteuses) années.
Il faut aussi savoir se confronter à la réalité. Car la prise de conscience ne suffit pas pour changer, il faut aussi savoir s’en donner les moyens. En même temps, s’accepter ne suffit pas, il faut aussi se donner des objectifs... et Agir (voir plus bas).
Or pour agir et s’en donner les moyens, la volonté seule ne suffit généralement pas. Se faire violence est souvent contreproductif (voir plus bas, faire taire le critique intérieur) : une solution peut être alors de se faire aider des "forces de son corps", comme en EMDR par exemple...

Ainsi, la base de l'acceptation ce pourrait être celle pronée par les philosophes stroïciens de l'Antiquité , qui s'encourageaient eux-mêmes à cultiver une certaine distance à l'égard de leurs états d'âme : « Si une idée te gène, reconnais-la, et examine cette idée. ».
Mais accepter et relativiser sans complaisance et sans renoncer pour autant, cela ne va pas de soi.
C'est là que pourraient intervenir des techniques corporelles de "lâcher prise" telles que la relaxation, la méditation (respiration centrée) ou le yoga et la cohérence cardiaque.
Lâcher prise pour une meilleure régulation émotionnelle, pour mieux prendre du recul par rapport aux pensées toxiques, pour accepter et se donner de la force nécessaire aux changements...

3) Etre honnête.
Etre honnête c’est prendre la responsabilité de ses émotions : avouer son engagement dans certains objectifs ("je tiens à ton amitié"), ses exigences ("je ne veux pas qu’on fasse des choses qui me déplaisent") ou ses craintes ("j’ai peur de ne pas réussir"). 

la responsabilité de soi : Tout d’abord, prendre la responsabilité de ses émotions,
c’est être honnête. C’est prendre la responsabilité de ses émotions et ressentis.
Ensuite, assumer ses responsabilités,
c'est cesser d'être victime (pour sortir du rôle de victime, dépasser la haine par ex.) ;
c’est aussi réaliser « que nous sommes les créateurs de nos choix, de nos actions, que nous sommes responsables de l'aboutissement de nos projets, se poser la question "que faut-il faire ?" et non "qui faut-il blâmer ?". Personne ne va venir nous sauver de notre vie.
La responsabilité de soi qui résulte d’une vie consciente et de l’acceptation de soi (autonomie),
nous oblige à faire face à notre solitude fondamentale, à admettre que nous n’avons pas de sauveur à attendre... » (Nathaniel Branden)

Par exemple, entretenir le lien aux autres mais au lieu d’attendre des autres, soyez prêt à donner.
...Mais savoir quand même s’appuyer sur les personnes de son entourage (avec discernement et avec mesure). Cela fait partie de l'affirmation de soi (voir plus bas).
« Ne pas hésiter à leur demander un soutien, mais accepter qu’on ne puisse vous le fournir dans l’instant. Activer régulièrement son réseau social. Et pas seulement pour se plaindre... » (Christophe André).
 

l'intégrité personnelle : Vivre en harmonie entre ce que nous savons, ce que nous professons et ce que nous vivons. Dire la vérité (commencer par ne pas tricher avec soi-même), tenir nos engagements et montrer l'exemple pour les valeurs que nous admirons.
Dans ses dires et ses actes, être en accord avec soi-même !
L'intégrité personnelle qui résulte d’une vie consciente, de l’acceptation et de l’affirmation de soi, exige de choisir nos valeurs... et que nous nous y tenions en dépit de tout et peut-être de tous (ne pas avoir peur de déplaire). Les choix sont parfois difficiles. (Nathaniel Branden)

4) Agir.
Pour restaurer l’estime de soi il faut changer, pour changer il faut s’évaluer, et pour s’évaluer il faut agir. 

Au départ, ce sont l’ "amour" que l'on se porte ainsi que la vision que l'on a de soi-même, qui se déterminent dans l’enfance et qui permettent de se projeter dans l'avenir de façon positive ou négative. Cf. pilier « vision de soi  positive » (Christophe André)
Ensuite, le moteur de la confiance en soi, c’est l’action.
Et c’est plutôt sur ce plan que l’on pourra travailler, car, écrit Christophe André, l’immobilité fragilise l’estime de soi et les actes sont la gymnastique d’entretien de l’estime de soi.
Pour cela, se fixer un objectif quel qu’il soit. Et s’y tenir.
Dans un 1er temps, fixer des objectifs simples pour obtenir plus facilement des victoires qui permettront d’aller de l’avant :
savoir dans quel sens agir + objectifs clairs... et réalistes + s’en donner les moyens (identifier les ressources nécessaires, fixer des priorités, exprimer nos désirs profonds) =>
Ensuite, la confiance en soi se nourrit de petits succès (on gagne petit-à-petit en assurance). 

Autrement dit, l’estime de soi ne se révèle que dans l’action (confiance en soi ) et dans le cadre de relations sociales (affirmation de soi ) => Sentir que l’on réussit ce que l’on entreprend, et se sentir apprécié des autres.
La véritable estime de soi ne se révèle que dans l’action et la confrontation avec la réalité :
- danger du déni, de se mentir à soi-même,
- danger d’une inaction qui soit entretiendrait l’angoisse, soit entretiendrait nos illusions et nos prétentions (se confronter à la réalité apporte la force de l’humilité...). 

Noter que l’action est facilitée par l’estime de soi, et qu’inversement, l’estime de soi (confiance en soi) est nourrie, façonnée par l’action. 

Au contraire, les problèmes d’estime de soi tendent, soit à inhiber l’action, soit à la stéréotyper (stress => fonctionnement du mental en mode automatique). 

Identification de nos objectifs et priorités : discerner, à court ou long terme, quelles sont les actions nécessaires ou les comportements adéquats pour atteindre nos buts. Vérifier chaque étape pour être sûr de rester dans le bon axe. Observer les résultats pour reconnaître ce qui a besoin de changer, puis s'ajuster (voir « vie consciente »). Vie axée sur un but = nous projeter dans une action choisie => exprimer nos désirs profonds, donner du sens à sa vie + fixer des priorités : faire des choix, c'est savoir renoncer...
Vivre en se déterminant par rapport à un but nous arrache à la passivité pour nous projeter dans une action déterminée, ce qui nous demande une faculté de régénération constante. (Nathaniel Branden)

En conclusion, s’accepter et agir, et non s’accepter ou agir ->
Agir avec discernement et sans violence (agir et non s’agiter : ne pas agir sans but ).
Agir = s’en donner les moyens (action et non pression : choix, action flexible)

5) Faire taire le critique intérieur.
Il s’agit souvent d’un discours parental intériorisé. Prendre conscience de son existence (Cf. pilier « amour de soi » ) => Réduire le critique intérieur + non-violence envers soi-même (c’est contreproductif) : pour changer, éviter les jugements partiaux et agressifs envers soi-même = s’aider à changer et non se punir !

S'il faut essayer de "se bouger" pour rentrer dans l'action et donc se dégager des pensées négatives, il ne faut par contre surtout pas s'insulter, car "se botter les fesses" ne marche jamais : on ne fait qu'aggraver les dégâts du critique intérieur : au contraire, « il faut commencer par être "gentil" avec soi-même, se respecter comme un enfant ou un ami que l'on aime » (David Servan-Schreiber).

6) Accepter l’idée de l’échec.
La confiance en soi se nourrit de petits succès. Mais contre l’anéantissement de nos résolutions, il faut vaincre deux ennemis redoutables :
a/ la résignation b/ la critique.
Agir, c’est prendre le risque d’échouer. Donc accepter l’idée de l’échec.
(un thérapeute peut même aller jusqu’à prescrire l’échec pour le dédramatiser !)

7) S’affirmer.
L’amour, l’amitié, les liens sociaux et relations affectives sont un besoin biologique, écrit DSS. Pour approfondir ses relations affectives il faut aussi apprendre comment être plus présent avec ceux qui nous entourent tout en sachant mettre des limites.
Pour cela, commencer par être authentique dans nos rencontres, refuser de fausser la réalité de qui nous sommes pour éviter la désapprobation. Prendre le risque d'être nous-même.

Entretenir le lien aux autres... mais se délivrer de ses dépendances à autrui et ne plus se laisser manipuler. Savoir dire non à tout ce qu'on ne veut plus.
Donc cultivez de bonnes relations avec les autres mais ne cherchez pas à vous sentir systématiquement aimé ou accepté par votre entourage. Faites de l’approbation des autres un objectif souhaitable, mais non indispensable.

L'affirmation de soi requiert le courage de l’authenticité, sans que nous soit acquise une réaction favorable de notre entourage (il nous faut prendre le risque d’être nous-mêmes).
La timidité chez certains, peut être simplement la conséquence d’un manque de confiance en soi et donc d’affirmation de soi.
S’affirmer, c’est être conscient de ses besoins et savoir les exprimer, c’est apprendre à dire "non" sans agressivité. Demander quelque chose sans s’excuser (« la négociation est le sommet de l’art de l’affirmation »). Répondre avec calme à la critique.
Se faire respecter sans agressivité ; pour cela, être empathique (savoir écouter et ressentir le point de vue des autres, même si l’on n’est pas d’accord avec eux).  

Quant aux humeurs et émotions négatives : les écouter, mais ne pas se laisser gouverner par elles.
A noter que l’humour sur soi permet d’acquérir une certaine distance sur soi-même.

[ Ndlr : à souligner aussi, dans cet effort de recul, de conscience, de contrôle et d’affirmation,
le rôle de la respiration, de la relaxation, du yoga, de la méditation --cohérence cardiaque--, de l’exercice physique, du sommeil et même de la nutrition... ].

8) Etre empathique.
Savoir écouter et ressentir le point de vue des autres, même si l’on n’est pas d’accord avec eux.

[ assertivité : voir aussi les quatre attitudes de l’intelligence émotionnelle dans « Guérir »].

9) S’appuyer sur les personnes de son entourage.
Ne pas hésiter à leur demander un soutien, mais accepter qu’on ne puisse vous le fournir dans l’instant. Activer régulièrement son réseau social. Et pas seulement pour se plaindre. 

10) En définitive...
« Rien n'est possible sans courage, persévérance, volonté et sans une énergie qui ne peut venir que de l'amour que l'on ressent pour sa propre vie. Cet amour est le commencement de la sagesse, le tremplin de nos plus hautes et plus nobles aspirations, la puissante motivation qui nous fait rechercher les six clés.» (Nathaniel Branden) ...
...et cet amour, cette énergie (facteur majeur de la résilience ?) serait --d'après N. Branden-- la 7ème clé de la confiance en soi ! (ou le 10ème objectif pour retrouver l’estime de soi ?) ...

...Bonne nouvelle, les méthodes préconisées par DSS dans "Guérir" sont à même d'apporter cette fameuse énergie de la 7ème clé... sans en rester aux bonnes résolutions et donc sans inutilement culpabiliser !... 

[ pour nous aider, présence à soi et calme en soi : respiration centrée, yoga, qi-gong, méditation, EMDR éventuellement, ... bref, toutes méthodes telles que celles préconisées par DSS... ] 

III. Les difficultés

Trois remarques, de la part de Christophe André : 

- On ne s’estime pas positivement une fois pour toutes. Ce sentiment --instable-- a régulièrement besoin d’être alimenté par des actions et des interactions avec les autres, car notre estime de nous-mêmes dépend étroitement de la considération et des signes de respect ou de reconnaissance d'autrui (interactions sociales, amitié, amour, compétence, réussite ?).
- Nécessité d'être lucide, aussi : nous l’avons vu, l'estime de soi est indissociable de la conscience de soi (recul, remises en question, reconnaissance de ses émotions et besoins,…), car « que vaut une estime de soi élevée quand tout va bien mais qui s'effrite face aux difficultés ?  » .
- Enfin, que vaudrait une surestimation de soi qui conduirait à l'amertume, mauvaise foi, hostilité, mépris et arrogance ? (estime de soi = avoir sa place au milieu des autres et non pas… contre les autres ou au dépend des autres ! => voir CNV et assertivité ).
« Les problèmes d’estime de soi ne sont pas une maladie, mais ils résultent d’un ensemble de façons d’être, de se protéger et de se promouvoir, qui ne sont pas adaptés » et qui donc vont nous compliquer la vie  et/ou la rétrécir, tout en alimentant de nombreuses formes de souffrances mentales (anxiété chronique, dépression, etc).

Ainsi la dysthymie est une maladie qui aurait pour origine principale le manque d'estime de soi. La dysthymie est une forme de dépression chronique et atténuée : ceux qui en souffrent sont souvent tristes, pessimistes, s'autodévalorisent sans pour autant présenter de véritables accès dépressifs.

Ndlr : Si des signes de dépression sont avérés, j’ajouterais qu’avant tout travail sur soi, avant toute thérapie il faudrait absolument commencer par soigner cette maladie.  Pour des raisons physiologiques, une personne en dépression culpabilise et ne pourra, ni s’accepter ni agir.

« L’estime de soi, en particulier l’affirmation de soi, peut se comprendre... et s’apprendre : comme l'intelligence émotionnelle… l'intelligence de la relation humaine » ajoute Christophe André.  

On comprend donc la nécessité d'un bon équilibre entre les trois "piliers" de l’estime de soi (amour propre, vision de soi positive, confiance en soi),
en constatant qu'il existe chez certains une haute vision d’eux-même mais en même temps une faible confiance en eux (par défaut d'action, peut-être), d'où chez ces personnes un manque d'humilité avec parfois aigreur, amertume et repli sur soi... 

Attention, en particulier, aux estimes de soi fausses, fragiles ou dérangeantes :

- aux mensonges et crispations des personnes à haute estime de soi,
- aux défenses inadaptées qui aggravent les problèmes,
- aux stratégies qui engendrent stress et coût émotionnel élevé,
- aux excès d’orgueil (danger d’une inaction qui entretiendrait nos illusions et nos prétentions,
  se confronter à la réalité nous apportant la force de l’humilité),

- à l’amour propre mal placé (savoir prendre le risque de révéler ses points faibles) !
- se dévaloriser est dommage, mais se surévaluer est dangereux :
Attention aux armes (estime de soi forte) qui peuvent devenir des faiblesses.
Par exemple lorsque, après une menace du soi (échec), nous interagissons avec une personne alors qu’elle pourrait être un soutien social (nous négligeons l’aide qu’elle peut nous apporter).

Les comportements d’opposition des sujets à forte estime de soi affectent fortement le contenu de la conversation: ils se font mal aimer, on les trouve arrogants et pas à notre écoute… (voir CNV...) 

IV. Les aides 

Les TCC (thérapies cognitives et comportementales) par exemple, permettent de travailler sur le 3ème pilier, celui de la confiance en soi qui est une valeur fragile et changeante, tout particulièrement l’affirmation de soi. 
Les TCC qui reposent sur l'action plus que sur la parole, vont définir des objectifs précis. Ces thérapies sont à visée scientifique et reposent sur l’apprentissage, sur les techniques suivantes :
- exposition graduée : commencer par des actions gratifiantes et valorisantes mais à notre portée,
  ex : affronter progressivement les situations redoutées => ex : diminution de l’angoisse par habituation
  aux situations anxiogènes (voir plus haut, dans « Agir »),
- techniques de relaxation et de contrôle de son stress (ex: cohérence cardiaque),
- entraînement aux compétences sociales (techniques de communication, ex: CNV),
- restructuration cognitive (prise de conscience des pensées automatiques négatives).
 

En plus, l’EMDR pourrait aider à travailler sur les premiers piliers (vision de soi, amour de soi ), donc surtout sur ce qui dépend du passé (ex: environnement familial), ou bien d'humiliations, chocs ou échecs plus récents.  

La tâche d’un thérapeute, ce serait donc d’aider le client à s’accepter... et à Agir, surtout. 

Ndlr : Néanmoins, si le sujet traverse une dépressionil devra commencer par soigner cette maladie avant de chercher à entreprendre toute thérapie et tout travail sur lui-même. Car pour des raisons physiologiques, une personne en dépression ne peut, ni s’accepter ni agir...

V. En conclusion 

Le principal message de Christophe André dans « imparfaits, libres et heureux », ce serait tout d’abord que l’action nous change, peut changer les autres et la société.
Car « Immobiles, nous restons dans notre monde personnel. En action, nous le modifions et surtout nous l’ouvrons 
» ; « Se dérober au réel nous fossilise ».

Mais agir ne signifie pas s’agiter : savoir privilégier la relation aux autres, la méditation, la présence à l’instant...

Et puis il ne s’agit pas de gonfler à tout prix son estime de soi, mais à être enfin soi-même :
La bonne estime de soi n’exclut ni les doutes ni les peurs, et ne transforme pas un sujet légitimement tourmenté en imbécile heureux.
Elle permet de libérer du souci permanent de soi, de la rumination pour vivre et agir :

« Ne plus se soucier de l’effet que l’on fait. Agir sans craindre ni l’échec ni le jugement. Ne plus trembler à l’idée du rejet. Et trouver tranquillement sa place au milieu des autres ».

Bref, commencer par être bienveillant envers soi-même : s’accepter et s’aimer, même imparfait.
« Non pour se résigner, mais pour mieux évoluer »
.

Et finalement, « Mieux ça va, moins on pense à soi ! » ...


Cartes SPACEE et ELFE de "Guérir" :

la carte à 6 points S.P.A.-C.E.E.
de la Communication assertive

Source

S’adresser à la Source du problème

Place et moment

Choisir un endroit – une Placeprotégé et privé,
et un
moment
propice

Approche amicale

Opter pour une Approche amicale (rendre l’interlocuteur réceptif, à l’aise)

Comportement objectif

Décrire un Comportement objectif (sans critique ni mépris ni jugement moral)

Emotion

Exprimer l’ Emotion ressentie

Espoir déçu

Mentionner l’Espoir déçu – le besoin

ecouter avec le coeur : les Questions de l’ELFE 

Que s’est-il passé ?
Quelle Emotion avez-vous ressentie ?
Qu’est ce qui a été Le plus difficile ?
Qu’est ce qui vous aide le plus à Faire face ?
Empathie : exprimer ce que l’on a éprouvé en écoutant l’autre.


Messages du forum (extraits) :

DSS sur France inter : "je me critique tout le temps" :

DSS sur France inter : "Je me critique tout le temps" > Croyances négatives (tu es nul, etc)
par Bernard - ven., 11 juil. 2003 03:38:10

À Sylvie, Maarten, et à tous > DSS à la radio : " Je me critique tout le temps" par Bernard - ven., 11 juil. 2003 03:38:10
Un résumé de l'entretien d'aujourd'hui ? Bon... allez... au hasard... Bernard ? :-)
Alors à tous ceux(celles) qui sont encore intéressés par un résumé sur l'émission de France Inter à laquelle DSS participe cette semaine entre 12h et 13h, je vais encore essayer d'en faire le résumé.
Je n'ai pas pu enregistrer l'émission sur le site France-Inter (ni en .mp3 ni en .wav) mais j'avais pris qques notes...

Bien sûr, désolé, il manquera le côté vivant d'un interview : témoignages, questions des auditeurs, interventions de l'animatrice, rires, etc, bref tout ce qui contribue à graver un message dans notre esprit... mais nous n'avons plus besoin de ça, n'est-ce pas ?
Le sujet d'aujourd'hui jeudi 10, c'était : "Je me critique tout le temps !".

Ex.: "tu es nul " !...
D'où vient cette "voix" ? eh bien du passé : que ce soient des critiques ou des compliments, c'est ce qu'on a intégré en soi du discours des autres, qui se transmet souvent d'une génération à l'autre et qui ne nous appartient pas...
Alors, fuir ou remettre à leur place toutes relations "toxiques" ?
Il existe d'autres solutions pour ne pas se laisser miner par cette voix intérieure (ce "critique intérieur", ce juge intérieur destructeur, "saboteur") :
Une recette de DSS pour faire taire cette "voix" : lui donner une voix ridicule (ex.: celle de Donald Duck !) (note perso : là j'ai du mal...mais bon ; en somme, il s'agirait de s'en détacher par la dérision, prendre suffisamment de recul par rapport à ces "croyances" négatives ?).

Autre chose : les gens qui se critiquent/se déprécient (faible estime de soi) ont du mal à trouver ce qu'ils ont FAIT de bien. Alors ce qu'il faut faire, c'est plutôt leur faire retrouver (revivre) des situations où ils se sont SENTIS bien =>

Méthode : relaxation -> dans cet état favorable à l'autosuggestion, tenter de retrouver (revivre) non pas des situations où l'on a eu l'occasion de briller, mais plutôt les situations où l'on s'est senti confortable, à l'aise.

David rappelle alors que l'on passe plus efficacement le RESSENTI par le corps, plutôt que par la pensée et plutôt que par la parole :
car c'est D'ABORD le corps qui mène la pensée ... ; autrement dit,
" En modifiant l'état de notre corps, nous modifions notre façon de PERCEVOIR tout ce qui nous arrive. ".
(" alors, c'est la charrue avant les bœufs ", commenta l'animatrice !... et ben oui !) ...
sachant bien sûr que réciproquement, notre mental exerce --aussi-- une influence sur nos états corporels...

David souligne à propos de la dépression, que s'il faut essayer de "se bouger" pour rentrer dans l'action et donc se dégager des pensées négatives,
il ne faut par contre surtout pas s'insulter, car "se botter les fesses" ne marche jamais : on ne fait qu'aggraver les dégats du critique intérieur : au contraire, " il faut commencer par être "gentil" avec soi-même, se respecter comme un enfant ou un ami que l'on aime ". (note perso : Et commencer, je crois, par des actions gratifiantes et valorisantes mais à notre portée, sur le moment...).

Rappel de DSS : une propriété naturelle du cerveau humain est de dériver vers les pensées négatives dès que l'on est dans l' inaction (ex.: les soucis qui, au coucher, remontent à la surface...).

Le perfectionnisme : le pb, c'est que les perfectionnistes passent souvent d'un extrême à l'autre : aller jusqu'à l'obsession (voir les TOC), ou par réaction inverse, tomber dans la négligence : c'est le danger de mal maîtriser ce critique intérieur...
L'équilibre : " faire le ménage, mais pas dans les coins ! ".

Cela dit, DSS reconnaît que ce critique peut nous être utile comme motivation (probablement à la condition de garder son libre arbitre), mais cette critique que nous nous adressons ne doit pas nous miner inutilement.
Il faut donc aider les gens à reprendre contact avec eux-mêmes, conclut David : commencer par être gentil avec soi-même, s'imaginer " parlant à un enfant ou à un ami que l'on aime et qu'on respecte ".

Dans le même sens, il existe une autre forme de perfectionnistes ou d' "auto-dépréciateurs" :
il existe des gens qui réussissent bien dans la vie, mais qui pourtant ont peur d'être "démasqués", ont peur que leur "nullité" soit découverte, ce qui par conséquent entrave leurs relations. Il s'agit du syndrôme de l'imposteur :
on se sent être un imposteur => angoisses et parfois dépression...
Ces personnes ont du mal à s'attribuer les mérites de leur réussite (ex.: ils pensent avoir réussi par leur seule "volonté besogneuse" et non par leur intelligence, et ils pensent que tôt ou tard ils seront "démasqués", ce qui les amène à appauvrir leurs relations).
Ces personnes souffrent d'un manque d'estime d'elles-mêmes, " elles vivent dans des doutes excessifs sur elles-mêmes. Elles ont tellement peur d'échouer qu'elles finissent par ne plus agir. Même losqu'elles réussissent, elles ressentent un sentiment d'imposture. D'où une vie inquiète, de nombreux renoncements, souvent
une grisaille existentielle, l'enlisement dans des ruminations négatives et pessimistes " :
d'après David, la méthode qui s'impose dans ce "syndrôme de l'imposteur", c'est une psychothérapie du type TCC (basée sur l'action), avec EMDR (passage par les émotions, par le corps).

Voilà ; c'est tout pour ce soir... je commence à être glauque. Mais demain, tant pis pour vous, je résume l'émission sur " les émotions " du mardi 8 : ça m'a inspiré ...

Critique intérieur : suite par Bernard - ven., 11 juil. 2003 12:59:31

Bonjour Maarten (et à tou(te)s). Rapido avant de partir déjeuner, une petite mise au point :
c'est moi qui ai interprété, qui ai associé
" critique intérieur = saboteur intérieur " un peu sommairement.
Je suis d'accord avec vous Maarten, critique n'est pas toujours sabotage.
Comme vous le dites :
" nous avons vraiment besoin de dire oui ET non a nous-mêmes, de nous freiner et de nous laisser aller. Et je crois que le critique intérieur peut avoir des bonnes idées et conseils aussi ".

J'ai d'ailleurs ajouté que David reconnaissait que ce critique pouvait nous être utile comme motivation (mais l'émission est courte...). J'ajouterais que c'est peut-être comme la culpabilité, qui peut être positive si le remord correspond à une prise de conscience et si la personne témoigne d'un sens de la responsabilité ?

Merci Maarten pour votre réflexion sur les moyens de jouer avec ses voix intérieures (avec le "Donald Duck), tout en contrôlant sa cohérence cardiaque... Je reprendrai peut-être ce soir (ou cette nuit !)

DSS sur France inter : "les émotions" :

DSS sur France inter : "les émotions" > QE (quotient émotionnel)
par Bernard - sam., 12 juil. 2003 01:44:33
Comme promis, voici mes qques notes prises pdt l'interview de DSS dans l'émission "La situation est grave mais pas désespérée" de Noëlle Breham, sur France Inter, celle du mardi 8 " Je me laisse emporter par mes émotions (colère, pleurs, rire...) " :

DSS commence par rappeler ce qu'est le QI (pas le Qi de l'acupuncture !), et rappeler comme dans "Guérir" chap. 2, que des études ont montré que ce QI (Quotient d'Intelligence) ne suffisait pas à prédire la réussite sociale, mais que pour "réussir sa vie" (cf. Luc Ferry), càd réussir sa vie sentimentale, un métier agréable, des relations affectives satisfaisantes, etc...
...c'est d'un bon QE (quotient émotionnel) dont nous avons besoin.
Bonne nouvelle : si le QI évolue peu au cours de notre vie, l'intelligence émotionnelle, elle, peut être cultivée à tous âges.
Cette intelligence émotionnelle, c'est en résumant, l'intelligence des situations avec les autres :
c'est d'abord la faculté d'identifier et comprendre ses propres émotions.

Par ex., l'enfant ne connaît pas les causes de sa colère, et ne connaît pas ses besoins.
Même les adultes : bcp d'adultes ont du mal à identifier leurs besoins => mécanismes de compensation au stress, ex.: grignoter (par ex. on peut confondre un besoin de sommeil avec un besoin de nourriture), etc.
À propos de sommeil, lorsqu'on a laissé passé sa période de "coup de pompe", David rappelle qu'il ne sert à rien de chercher à s'endormir tant que le cycle de sommeil suivant n'est pas arrivé...
Comme le sommeil, les émotions se manifestent par vagues.
Certaines situations exigent une décharge émotionnelle immédiate. Mais il est en général de notre intérêt de différer, d'éviter l'agression de plein fouet, afin de choisir, càd agir et non réagir. Lorsqu'on est sous le coup d'une émotion comme la colère, il faut donc s'appliquer à respirer plus calmement afin de laisser passer la vague (la vague d'émotions).
Lorsqu'on a tendance à se laisser submerger par ses émotions (ex.: pleurs irrépressibles), comment faire ?

Tout d'abord se familiariser avec ses propres émotions, s'observer digérer ses émotions. Technique principale :

1) Savoir que ces émotions vont passer, donc laisser la vague passer :
Pour cela, effectuer une grande respiration lente, profonde et ventrale => le cerveau est alimenté en oxygène
[ là désolé, j'ai été interrompu par un coup de téléphone... au moment qui justement m'intéressait le plus ! David était en train d'expliquer oralement comment lui, il s'y prenait !... grrr... allons allons, respirons un bon coup !...]

... donc, pour respirer "avec le coeur", revoir chap. 3 et 4 de "Guérir" sur la cohérence cardiaque... (ne pas oublier de respirer avec le coeur dans les embouteillages !).
Cet exercice respiratoire permet au cerveau conscient de reprendre le contrôle, nous permettant d'identifier l'émotion (identifier, reconnaître, ce n'est pas obligatoirement contrôler l'émotion).

2) Se laisser sentir, se laisser observer ressentant une émotion :
Laisser passer ses pulsions en s'observant. Ex.: envie de fumer ou de grignoter ? laisser passer la vague : pour cela, s'observer.

Et les bonnes émotions ? déjà, pour Spinoza (grand philosophe du 17e siècle), se réjouir, c'est exister davantage : la joie est le sentiment qui accompagne en nous une expansion/intensification de notre puissance d'exister et d'agir (voir aussi Comte-Sponville ou A. R. Damasio).
Savoir se l'autoriser et savoir en profiter : c'est une source d'énergie. Cette joie (ou "bonheur-émotion") résonne dans toutes les cellules du corps. Laisser résonner en soi ces émotions ; ne pas se couper de cette forme de vie ; se laisser nourrir par les émotions positives (en les capitalisant, nous nous donnerons de la force pour entreprendre, ou pour amortir/ surmonter les grandes claques de la vie).
Note perso : mais certains ont plus de mal que d'autres à éprouver de la joie, à ressentir et à profiter des moments heureux. Pourquoi, et comment y parvenir ?
Pour David, la solution, c'est encore apprendre à " se laisser respirer avec le coeur " [ aargh ! justement ce que j'ai loupé de l'interview ! ] afin d'assimiler les émotions positives.
Un autre "truc" : l'effet euphorisant du jogging, par exemple.

En conclusion, ne pas être étranger à soi-même (cf. "l'étranger", de Camus) : ex., les hommes qui ne doivent pas pleurer ! (note perso : et tout ceux à qui l'on a toujours dit qu'on ne devait pas s'écouter ?...). Etre présent à soi-même, s'autoriser à sentir les émotions importantes, négatives ou positives (savoir profiter des bon moments de la vie...

DSS sur France inter : "Comment vivre la Séparation ? - l'Attachement " :

DSS sur France inter : Comment vivre la Séparation ?
par Bernard - sam., 12 juil. 2003 02:34:28
Allez, pendant que j'y suis, dans la foulée je vous retranscris aussi mes notes de l'émission d'aujourd'hui (hier) vendredi 11 : " Les départs, les adieux : comment vivre les séparations " :

David commence par rappeler que le cerveau de tous les mammifères (contrairement à celui des reptiles) est fabriqué pour aimer/protéger sa progéniture => attachement
[ voir l'émission de mercredi 9 : " Mère/enfant, l'Amour fou ", où DSS expliquait le besoin de contacts physiques chez le bébé, donc le rôle du toucher dans cette relation affective. David soulignait aussi la contradiction entre besoin de protection et besoin d'autonomie. Et là, il concluait : " avec les enfants, il ne faut pas interdire le trajet, mais consolider la base de sécurité " ; " les enfants continuent de porter la flamme de vie qu'on a allumée en eux " ; finalement, il faudrait pouvoir lui dire, à son enfant : " je suis indépendant, mais je choisis d'être avec toi aussi ! " ].

Nous avons besoin de vivre dans le lien avec les autres, et nous savons aujourd'hui que notre cerveau est fabriqué pour ça.
David souligne au passage que les endorphines calment la douleur de séparation
et que l'exercice --par exemple-- libère des endorphines.
Quoi qu'il en soit,
apprendre à dire "au revoir", c'est reconnaître cette séparation douloureuse, d'avec tous ceux qui nous aident à nous sentir bien : c'est inscrit dans la "constitution" de notre cerveau => Apprendre des rituels qui rassurent lors de la séparation.
Un "truc" pour rassurer un enfant dont on doit se séparer : lui donner un objet perso pour l'aider à garder le lien.
Résister aux pleurs des enfants ? ou pleurer et culpabiliser ?
Pour DSS, ce qui est important, c'est de reconnaître que c'est normal => s'autoriser les pleurs ! éviter de rentrer en soi les pleurs, donc l'émotion. Même les parents ? peuvent-ils montrer leurs faiblesses ? ne doivent-ils pas montrer l'exemple ? Non ! Pour David, une émotion vraie, authentique passe toujours très bien...
Cela dit, David reconnaît qu'on ne peut pas pleurer (et laisser pleurer l'enfant) tous les jours à la crèche, par ex. ! Mais pour les séparations exceptionnelles (ex.: départ en vacances) : oui ! Il vaut mieux reconnaître et vivre l'émotion de tristesse...
Pleurer, mais exprimer son amour, dire combien nous sommes proches, donc tristes : reconnaître ses émotions comme faisant partie de la vie.
DSS rappelle alors l'histoire du renard et du petit prince (St Ex), quand le petit prince dit au renard qu'il sera triste, mais qu'il gardera en lui son amitié et son souvenir. De même, dans E.T. de Spielberg, quand E.T. doit rentrer chez lui, il montre d'un geste au petit garçon qu'il restera toujours dans sa tête...
Ensuite, témoignage intéressant d'une mère qui avoue (honteuse !) qu'elle éprouve, à la séparation, une grande liberté... séparation d'ailleurs bien vécue du côté de ses enfants aussi...
Par ailleurs, David remarque que la mort est plus difficilement acceptée quand on ne s'est pas tout dit, quand on ne s'est pas dit "au revoir"...

À la fin, David termine la série d'émissions en remerciant l'animatrice Noëlle Breham pour son rire, sa bonne humeur, son accueil serein et souriant tout au long de l'émission !...
Voilà. On va dire que c'était mes devoirs de vacances. Il est 2h40 et Claudia va me charrier ! ;-)

DSS sur France inter : " le besoin d'Amour "

Résumés émissions France Inter : retour au " besoin d'amour "
par Bernard - lun., 14 juil. 2003 22:15:15
Bonsoir Sylvie. À propos des interactions possibles avec les traitements homéopathiques, je ne pourrai vous répondre, n'étant pas consommateur d'homéopathie. Mais le fait que vous soyez moins bien en ce moment, ne serait-ce pas plutôt lié au fait que vous ayez abandonné un temps les exercices physiques, par exemple ?
Pour revenir aux émissions de DSS sur France Inter, j'ai effectivement résumé l' " exercice physique ", la " critique intérieure", et les " émotions ", mais aussi -en fin de compte- les deux autres :
" Comment vivre la séparation ? ", et -plus brièvement- " Mère/enfant, l'Amour fou " (attachement).
Le résumé sur la " séparation ", vous pouvez le retrouver dans les archives: il date du "sam., 12 juil. 2003 2:34". Et le petit résumé de l'interview sur le " besoin d'amour ", je vous vous le recolle ci-dessous :

DSS y expliquait le besoin de contacts physiques chez le bébé, donc le rôle du toucher dans cette relation affective. David soulignait aussi la contradiction entre besoin de protection et besoin d'autonomie. Et là, il concluait : " avec les enfants, il ne faut pas interdire le trajet, mais consolider la base de sécurité " ; " les enfants continuent de porter la flamme de vie qu'on a allumée en eux " ; finalement, il faudrait pouvoir lui dire, à son enfant : " je suis indépendant, mais je choisis d'être avec toi aussi ! ". J'avais moins développé cette partie, peut-être parce que je considérais que "ça allait de soi"...

En réalité, je pense que le message de David (que l'on retrouve dans "Guérir"), c'est que ce besoin est inscrit dans nos gènes, fait partie de notre cerveau. Il existe dans l'enfance (besoin d'amour et de contacts physiques rassurants, pour se développer affectivement et aussi physiquement), mais il existe encore chez l'adulte (cf. "Guérir", chap. 11 " l'amour est un besoin physiologique ") :
un adulte est plus autonome, mais il a besoin de trouver un sens à son existence, de donner de lui-même, de "jouer un rôle dans sa communauté".
L'adulte peut "sublimer" ce besoin de " contacts physiques chaleureux ", mais en général, leur manque peut se traduire par des désordres dans le métabolisme, somatisations (cf. chap. 11 pages 188-190). En leur absence, nous trouvons des compensations à terme néfastes (ex.: grignotage, tabac, alcool, etc).
DSS ajoutait en p. 192, que l'équilibre physiologique des adultes comme celui des tout-petits, dépend de l'affection qu'on leur porte.

DSS poursuivait en expliquant que s'occuper d'un animal avait un effet indéniable contre l'anxiété et la dépression : à mon avis perso, un chat plus qu'un oiseau ; mais un chien plus qu'un chat (je trouve qu'un chat, c'est un agréable animal de compagnie, surtout pour les gens actifs et stressés ; mais il me semble qu'un chien devrait mieux convenir aux déprimés, justement parce qu'il a plus besoin d'attentions, et qu'il témoigne davantage son affection... et puis, promener un chien qui a de bonnes jambes, je crois que c'est un bon moyen de faire de l'exercice tout naturellement, et en compagnie ! ).

Quand je pense que dans tous les livres d'éducation de la 1ère moitié du 20ème siècle encore, on recommandait aux mères de ne pas embrasser leurs enfants, au risque de les rendre sensuels !! ces manuels étaient très lus dans la "France bourgeoise" et "bien-pensante" de l'époque... pas si lointaine.

J'ai encore été très long ! Je vous laisse pour cette fois, Sylvie. Bonne fin de WE du 14 juillet, à vous et à tous. Bernard.

Prise de conscience
par Sylvie - mar., 15 juil. 2003 22:14:52
Beaucoup de choses encore dans votre message, Bernard ... Merci de prendre du temps...
Ce forum me fait prendre conscience des racines de mon mal-être, du pourquoi je suis dans cette situation aujourd'hui et quels sont les pistes possibles ; c'est énorme.
Reste à faire un gros travail sur moi (que dis-je, un travail gigantesque m'attend... Moi qui comptait fermement résoudre mes problèmes en quelques mois...avec des omégas 3, vitamines, psy...etc et 2h de sport par jour!. Mais ne jetons pas l'eau avec le bébé (je ne suis plus sûre de l'expression..): il y a une nette amélioration depuis que j'ai pris ces mesures).
Je crois qu'il va s'agir pour moi d'aborder la vie différemment et d'apprendre à me connaître (sans culpabiliser et sans me faire trop violence...toute une éducation à refaire). Je n'ai plus de certitudes aujourd'hui et je vais sans doute encore tâtonner, me tromper. Tant pis, je n'ai pas le choix, je dois essayer et accepter de prendre du temps pour aller mieux.
Savez-vous que j'avancais moins avec mon psy (que j'ai vu plusieurs années) qu'avec le forum...? Formidable, non ? Un grand merci à vous tous. Bonne soirée, Sylvie.

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